Dialogue islamo-chrétien, l’itinéraire d’un islamologue, Louis Massignon

Conférence débat autour du dialogue islamo-chrétien et de la personne de Louis MASSIGNON.

En 1954, à l’orée de la guerre d’Algérie, Louis MASSIGNON fait le rapprochement entre le pardon breton des Sept Saints au Vieux Marché (Côtes d’Armor) et la légende des Sept Dormants d’Ephèse que l’on retrouve dans le Coran, (Sourate 18 dite « des gens de la Caverne »). Chrétien fervent, amoureux de la mystique musulmane, et militant pour une paix sereine des deux côtés de la Méditerranée, il fut à l’origine de l’ouverture de ce pardon breton à des hôtes musulmans, et à toute personne engagée pour la paix. Le pardon des sept Saints, pélerinage islamo-chrétien, a lieu tous les ans à la fin du mois de juillet au Vieux Marché (22).

Cette soirée un peu particulière débutera par un film sur Louis Massignon, « Le voeu et le destin » en présence du réalisateur Grzegorz TOMCZAK et se poursuivra par l’intervention de Bérengère MASSIGNON, petite fille de Louis Massignon, et de Jean MONCELON.

Bérengère  MASSIGNON est docteure en sociologie de l’École pratique des Hautes Études (EPHE), et maître de conférences à Sciences Po Paris. Elle a travaillé auprès du conseiller pour les affaires religieuses du Quai d’Orsay.

Jean  MONCELON est docteur en Lettres modernes et docteur d’État en Lettres et Sciences humaines. Il est spécialiste de Louis  MASSIGNON, auteur de la première biographie de Louis  MASSIGNON.

Avec le soutien de l’Université de Bretagne Occidentale (UBO)

Jeudi 11 juin 2026, Faculté des Lettres et Sciences Humaines  Victor Segalen, 20 rue Duquesne, 29200 Brest.

L’horaire est à préciser, 19H30 ou 20H, jusqu’à 22H.

Cette conférence est ouverte à tous, n’hésitez pas à en parler et la faire connaître autour de vous.

La fin de l’antijudaïsme chrétien. L’église catholique et les Juifs de la Révolution française au Concile Vatican II, de Philippe Chenaux

La fin de l’antijudaïsme chrétien. L’église catholique et les Juifs de la Révolution française au Concile Vatican II, de Philippe Chenaux
Paris, Editions du Cerf, 2023, 306p.
Recension par André Roussseau

Si ce livre atteint un large public, comme le souhaite l’auteur – et l’on se joint sans réserve à ce vœu – plus d’un lecteur y trouvera un guide très sûr pour réaliser une anamnèse critique de ce que la culture catholique et peut être sa propre éducation religieuse, ont véhiculé en matière de mépris des Juifs et du Judaïsme.

Le livre est construit selon un double découpage chronologique et géographique où France, Italie et Allemagne jouent les premiers rôles. Le point d’inflexion historique majeur se situe entre les deux guerres mondiales, sous le pontificat de Pie XI. Le récit commence au XVIIème siècle, car les Lumières ont posé la première pierre de « l’émancipation » des juifs, à rebours de l’antijudaïsme catholique dont l’abbé Grégoire aux positions complexes est une exception remarquable (p.26-30). Si l’antisémitisme socio-politique s’est poursuivi et demeure actuel, l’antijudaïsme catholique attendra le 28 octobre 1965 pour être répudié et clos, en principe, par un texte du Concile Vatican II : Nostra Aetate.

L’épilogue du livre dit clairement le cœur du problème ; comment s’est argumentée puis imposée la nécessité de rompre avec l’idée que « les Juifs déicides » pouvaient bien être protégés de la vengeances des chrétiens, tout en les empêchant d’influencer ceux-ci, par de vigoureuses mesures de marginalisation sociale et de stigmatisation religieuse. Cette doctrine du « double protectorat » écrite par le Concile Latran IV en 1215, ne fut pas remise en cause par la politique d’émancipation adoptée sous l’influence de la Révolution française ; dans la pensée catholique majoritaire, la seule solution fut constamment de convertir les Juifs et de prier du bout des lèvres pour que soit pardonnée leur « perfidie ». L’antisémitisme exacerbé du XXème siècle, ne fut que discrètement blâmé et condamné, même si le nazisme le fut.

L’auteur montre clairement que l’antijudaïsme chrétien et l’antisémitisme se sont croisés et conjugués ainsi que l’illustre, en France, l’histoire du quotidien La croix. Le double titre de l’ouvrage renvoie d’ailleurs à la complexité de son objet. Un « avant-propos » et un « prologue » ne sont pas de trop pour préciser dans le premier qu’il s’agit des « relations entre l’Eglise catholique et les juifs » et dans le second, pour insister : « L’antijudaïsme chrétien remonte aux origines mêmes de l’Eglise ». Et lorsqu’on achève la lecture des 30 pages consacrées aux positions adoptées par le Concile Vatican II, on se dit que ce dixième du livre, est inversement proportionnel à son importance historique, mais qu’il reflète toutefois fidèlement l’histoire, notamment dans les difficultés rencontrées par les promoteurs de ce texte pour le faire enfin admettre.  Dans les faits, ce sont des individualités et des réseaux qui, avec ténacité, ont cherché à débarrasser la « conscience chrétienne » et les comportements des catholiques de leur antijudaïsme, mais ils se sont heurtés depuis la Révolution française et encore au XXème siècle, au soupçon et à l’hostilité de Rome, et bien sûr à ses méthodes très efficaces de marginalisation. On trouvera à la fin du livre un précieux ensemble de notices biographiques des principales personnalités en question.

Une observation de l’antijudaïsme catholique amène à comprendre comment s’est construit un type d’identité chrétienne sûre de sa vérité, et quelle audace il fallait à Jacques Maritain et ses amis philosémites pour dénoncer dans l’antisémitisme un véritable « antichristianisme » (p.133). Certes, Nostra Aetate est un texte conciliaire voté à une forte majorité, mais l’auteur montre combien, jusqu’au dernier moment, des réflexes ataviques ont pesé sur la fermeté de ses orientations. Le fait qu’il y soit aussi question des autres religions que le judaïsme prouve bien que l’enjeu est de nature identitaire, de même que les objections de la minorité de 1965 et que ce texte soit toujours un épouvantail pour les intégristes.

La mise au point qu’en connaisseur l’auteur apporte sur les paroles et les gestes de Pie XII concernant la persécution des juifs, ne va pas clore la polémique militante. Se limitant à ce que permettent de dire les archives, elle fait avec justesse la part de la prudence politique dans cette attitude, en entendant bien sûr le terme au sens de l’art incertain de peser les conséquences d’un choix imparfait, surtout quand il implique la responsabilité des autres.

André Rousseau

La laïcité en débats

Conférences de Credi 29 : Credi 29 vous invite à la prochaine conférence de :

Pierre KAHN

La laïcité en débats

En regard des débats qui ont accompagné la mise en place de la laïcité en France, dans l’école d’abord (années 1880), puis, en 1905, avec la séparation de l’Église et de l’État, la situation actuelle de la laïcité est assez inédite. À la fin du XIXe siècle, au début du XXe, l’existence même d’une école laïque, d’un État laïque, était loin de faire consensus, et les adversaires politiques de la laïcité étaient nombreux et puissants. Aujourd’hui, il n’y a plus guère de partis ou de mouvements politiques pour contester le principe de laïcité. On se bousculerait même plutôt pour le défendre. Mais s’il y a consensus sur le principe, il y a dissensus sur son sens.

Tout le monde veut la laïcité, mais tout le monde ne veut pas la même. Ainsi, entre les partisans d’une laïcité porteuse d’un projet émancipateur global, méfiants à l’égard de l’ostentation religieuse, faisant de la neutralité la vertu laïque cardinale d’une part, et d’autre part les tenants d’une laïcité libérale, soucieuse de limiter le rôle de l’État dans la définition des convictions socialement acceptables, et ne faisant de la neutralité qu’un moyen au service de la liberté de conscience, les différences sont profondes et les oppositions réelles.

Formulée en ces termes, l’opposition est sans doute un peu trop schématique et entre le pôle plus « républicain » et le pôle plus « libéral » de la laïcité, bien des nuances peuvent exister. Mais la laïcité n’en reste pas moins aujourd’hui l’objet de compréhensions multiples et différentes. La question se pose donc : entre ces différentes approches, quelle laïcité est-il préférable de vouloir ? En faveur de laquelle pencher et selon quels critères ?

Pierre KAHN est philosophe et historien. Professeur des universités émérite à l’université de Caen. 
 Auteur de « Quelle laïcité voulons-nous ? Essai sur la laïcité et ses possibles. » ESF 2023

Avec le soutien de l’Université de Bretagne Occidentale (UBO)

Vous trouverez ici un lien vers des notes prises lors de sa conférence

MARDI 24 MARS à 20H

Semaine de prière pour l’unité chrétienne 2026

Chaque année, le principal temps fort œcuménique demeure la « Semaine de prière pour l’unité chrétienne » qui, depuis 1908, rassemble des chrétiens de toutes confessions en janvier, pour 2026 du 18 au 25 janvier.

Le thème de 2026 : « Il y a un seul corps et un seul Esprit, de même que votre vocation vous a appelés à une seule espérance. »

Cette année, les prières et réflexions pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens ont été préparées par les fidèles de l’Église apostolique arménienne, avec leurs frères et sœurs de l’Église catholique et des Églises évangéliques arméniennes.

Dans le Finistère plusieurs célébrations oecuméniques ont lieu :

Brest
Église Saint-Marc, lundi 19 janvier, à 20 h, célébration œcuménique.
Temple protestant, mercredi 21 janvier, à 18 h, temps de prière.
Église Saint-Sauveur
, vendredi 23 janvier, à 17 h, vêpres orthodoxes.
Temple protestant
, vendredi 23 janvier, à 20 h, veillée Taize.

Quimper
Temple rue de Kergariou, samedi 17 janvier à 18H30, célébration œcuménique.
Chapelle de Cuzon, samedi 24 janvier à 18H30, vêpres orthodoxes.
Eglise de Locmaria
, place Bérardier, dimanche 25 janvier à 18H30, messe.

Morlaix
Centre Jean Paul 2, Mercredi 21 janvier 20h00, célébration de l’Unité des Chrétiens, suivi d’un verre de l’amitié.

Islam et laïcité, avec Ghaleb Bencheikh

Mardi 27 mai 2025, Credi 29 a organisé avec le soutien de l‘UBO, une conférence de Ghaleb Bencheikh intitulée « Islam et laïcité ». Ghaleb Bencheikh est membre du Conseil des Sages de la laïcité et des valeurs de la République, islamologue, et président de la Fondation de l’Islam de France (FIF). Il est également producteur de l’émission « Questions d’Islam » sur France Culture.

L’assistance a été très intéressée par l’exposé très clair, argumenté de Ghaleb Bencheikh qui s’est attaché à déconstruire le mythe de l’incompatibilité structurelle de l’islam avec la laïcité. Pour lui, la loi est produite par la raison humaine pour « gérer la cité », elle s’applique aux hommes et la respecter s’impose à tous pour leur bien-être et permettre une vie apaisée. Il fait sienne la phrase d’Aristide Briand « c’est la loi qui garantit le libre exercice de la foi aussi longtemps que la foi ne prétend pas dicter la loi » et y ajoute que, en cas de conflit pour la vie commune, « la loi prime toujours la foi ». Pour lutter contre le radicalisme entretenu par certains courants de l’islam, il prône une réponse éducative et culturelle pour renouer avec l’humanisme et un avenir de paix et de fraternité pour tous les hommes.

Notes prises lors de la conférence

Islam et Laïcité

Conférences de Credi 29 : Credi 29 vous invite à la prochaine conférence de :

Ghaleb BENCHEIKH

Islam et laïcité

L’incompatibilité structurelle irréductible entre Islam et laïcité est l’un des plus préjugés les plus répandus et les plus tenaces.

Cette conférence permettra d’interroger les fondements historiques et sociologiques de cette assertion : quelle est la spécificité islamique dans le cadre des relations entre le politique et le religieux à travers les époques et jusqu’à nos jours. Ce sera aussi l’occasion de définir les critères de la modernité politique et intellectuelle que la pensée théologique islamique doit reconnaître afin d’entreprendre son aggiornamento.

Autant d’éléments qui pourront ouvrir le débat sur des perspectives d’avenir pour la nation française.

Ghaleb Bencheikh est islamologue et président de la Fondation de l’Islam de France (FIF). Il est membre du Conseil des sages de la laïcité. Il est également producteur de l’émission « Questions d’Islam » sur France Culture.

Avec le soutien de l’Université de Bretagne Occidentale (UBO)

MARDI 27 MAI à 20H – à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines Victor Segalen, 20 rue Duquesne à Brest. 

Peut-on parler d’indifférence religieuse ?

Conférences de Credi 29 : Credi 29 vous invite à la prochaine conférence de :

Jean-Marie DONEGANI

Peut-on parler
d’indifférence religieuse ?

Les sondages d’opinion estiment aujourd’hui que plus d’un quart de la population serait « sans religion ». La proportion n’était que de 10% en 1974.
Cette conférence expliquera pourquoi ce phénomène n’est pas la marque d’une indifférence voire d’un dédain envers la question religieuse mais plutôt la conviction de beaucoup de nos contemporains qu’une recherche religieuse dépasse toute appartenance particulière. La reconnaissance d’une pluralité d’options religieuses s’accompagne d’un primat de l’expérience personnelle et d’une recherche d’authenticité.

Avec le soutien de l’Université de Bretagne Occidentale (UBO)

Jean-Marie Donegani est politiste et professeur émérite des Universités.
Il est l’auteur de « La liberté de choisir. Pluralisme religieux et pluralisme politique dans le catholicisme français contemporain ».

Notes prises lors de la conférence

Mercredi 4 Décembre à 20H – Faculté des Lettres et Sciences Humaines, 20 rue Duquesne, 29200 Brest

L’identité bretonne s’est-elle substituée au catholicisme ?

  1. Pourquoi ce livre et comment ?

un projet collectif qui devient individuel avec des bases qui permettent de le réaliser.

– idéologie, authenticité, nationalisme soft

J’applique aux discours sur la Bretagne la définition de l’idéologie donnée par le Centre national de ressources textuelles et lexicales  : « Ensemble plus ou moins cohérent des idées, des croyances et des doctrines philosophiques, religieuses, politiques ». (Centre national de ressources textuelles et lexicales)

Daniel Le Couédic, « idée bretonne » : somme des constructions intellectuelles qui prêtent à la Bretagne des caractéristiques ou un rôle incomparables »

– le sommaire

  1. Une thèse et les questions qu’elle pose

« Sociologue des religions, André Rousseau avance une hypothèse qui me paraît très féconde. Dieu est mort en Bretagne mais les Bretons ne peuvent s’empêcher de croire… Ils auraient donc fait un transfert. Dorénavant, c’est en la Bretagne qu’ils croient. Ils chantaient « Catholiques et Bretons toujours », ils entonnent dorénavant: « Bretons toujours ! »  (Jean Lebrun, France Inter, 17 mars 2023)

2-1 – Il faut partir de la place historique du catholicisme en Bretagne : la culture catholique a imprimé sa marque sur le régionalisme breton

– Rome fut « capitale de la Bretagne », mais sa puissance s’est effacée dans tous les domaine tout en laissant un leg sécularisé : langue, culture, dynamisme économique, esprit de corps

– comme ailleurs, l’effacement a libéré l’espace pour d’autres : la raison économique et le celtisme

– plus personne ne s’étonne que les bretonistes  parlent de « la France » ou de « la République » comme de réalités extérieures, ne voient de « roman national » que hors de la Bretagne et contre elle…

– du catholicisme il  reste surtout une « tonalité » : toute idée devient combat et mission ; illustration du « catholicisme » zombie de Le Bras et Todd

2.2. Des questions : avant de compléter cette thèse voici des précisions sur la manière dont je parle de religion

  1. Quelques mots sur la vision sociologique de la religion
  2. Religion : qu’entend-on par là quand on suggère que le bretonisme est devenu la religion de la Bretagne ?

– Formes Elémentaires de Durkheim ou « scrupule rituel » romain décrit par John Scheid ?

  1. L’idéologie bretonne, une forme de déplacement de la religion. Métaphore : La religion plus ou moins marginalisée doit entreprendre un travail de traduction. Dieu tout puissant devient « Dieu puissant d’amour ».

Si le catholicisme emprunte à l’air du temps des schèmes qui le rendent compréhensible cela implique que ces schèmes peuvent très bien fonctionner comme religion de substitution.,

Les piliers de l’idéologie bretonne ont curieusement trait à la tradition, la mémoire, au lien social, à la vocation d’un collectif.

  1. Du bretonisme considéré comme une forme du « religieux disséminé dans le social » (Danièle Hervieu-Léger) comment cela s’est-il fait ?
  2. Cette thèse d’un transfert du catholicisme implique de modifier la définition durkheimienne de la religion :

« Une religion, est un système solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées, c’est-à-dire séparées, interdites, croyances et pratiques qui unissent en une même communauté morale, appelée Église, tous ceux qui y adhèrent » (Les Formes élémentaires de la vie religieuse)

DHL La Religion pour mémoire, Cerf, 1993, p.119 : « une religion est un dispositif idéologique, pratique et symbolique par lequel est constituée, entretenue, développée et contrôlée la conscience (individuelle et collective) de l’appartenance à une lignée croyante particulière ». 

Et p. 127 « on appellera tradition l’ensemble des représentations, images, savoirs théoriques et pratiques, comportements et attitudes qu’un groupe ou une société accepte au nom de la continuité nécessaire entre son passé et son présent »…. « Avec la capacité  d’y incorporer des innovations et réinterprétations qu’exige une conjoncture. »

Pour ce qui concerne la « croyance » : Comme l’a montré Émile Benveniste  la «« foi » désigne non pas l’attitude du croyant, mais « l’assurance qu’il tire d’une propriété qu’il prête à l’objet de sa croyance »[1]. C’est ce mécanisme qui fait du bretonisme et du « celtisme » une évidence. Et une foi. On peut voir à l’œuvre semblable dispositif dans « l’identité ».

D’après Yvon Tranvouez, dans Catholiques en Bretagne au XXème siècle, p.53-70

Celtes d’abord

Ropartz Hémon : très peu de catholiques autour de lui et du mythe celtique, sauf autour de 1940.

 L’abbé Perrot ne supporte pas ce paganisme

 

Bretons d’abord

Abbé Perrot : revue Feiz ha Breiz

Franchement régionaliste mais son nationalisme est hésitant à cause de l’hostilité de Duparc. Beaucoup de monde autour de lui – Bleun Brug, journal O lo lê

Catholiques d’abord

Mgr. Duparc

C’est le groupe de loin le plus nombreux ; seulement régionaliste pour la culture et la langue et la fierté bretonne (« race » exceptionnelle – au sens de « racé ».

Pétainistes puis de moins en moins

 

Républicains d’abord

Francis Gourvil (1889-1984)

Féru de celtisme quitte le parti nationaliste ; durant la guerre,  proche de la résistance. La question bretonne entre parenthèse.

Cette minorité deviendra majorité après la guerre ; se situant au centre droit et devenant gaulliste.

[1] Le Vocabulaire des institutions européennes, op. cit. Voir le chapitre 8, « Fidélité personnelle », p. 103 et suiv., et surtout le chapitre 15, « Créance et croyance », p.  171-180. 

 

L’accès des femmes à l’autorité religieuse. Changements, résistances et controverses

Conférences de Credi 29 : Credi 29 vous invite à la prochaine conférence de :

Céline Béraud

L’accès des femmes

à l’autorité religieuse.

Changements, résistances et controverses

On pointe volontiers pour la dénoncer la dimension patriarcale du judaïsme, du christianisme et de l’islam. Au sein de ces mondes religieux, l’exercice de l’autorité est longtemps demeuré et demeure, pour une grande part encore, le monopole des hommes.

Dans cette conférence, on s’attachera à saisir les facteurs favorables à l’accès des femmes à des positions qui leur étaient jusqu’alors inaccessibles (pastorat, rabbinat ou encore imamat mais aussi, plus modestement et plus fréquemment, enseignement de la religion ou aumôneries des institutions publiques). Mais on analysera aussi les résistances et controverses parfois très vives que cela suscite. On verra ainsi comment ces questions de genre travaillent aujourd’hui de l’intérieur les mondes religieux et se reflètent dans leur pluralité interne.

Avec le soutien de l’Université de Bretagne Occidentale (UBO)

Céline Béraud est sociologue, directrice d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Elle a notamment publié Le catholicisme français à l’épreuve des scandales sexuels (Seuil, La République des Idées, 2021) et La bataille du genre. Du mariage pour tous à la PMA (Fayard, Raison d’agir, 2021).

Notes prises lors de la conférence

Mardi 20 février 2024, à 20H, à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines Victor Segalen, 20 rue Duquesne à Brest. 

L’Idéologie bretonne, Entre authenticité et nationalisme soft

L’idéologie bretonne

Entre authenticité et nationalisme soft

de André Rousseau

Pourquoi la théâtralisation permanente de l’identité régionale rencontre-t-elle en Bretagne un accueil enthousiaste jamais démenti ? Pour répondre à cette question, ce livre s’intéresse aux acteurs qui depuis près de deux siècles tentent de transformer la situation de périphérie dominée de la Bretagne en une « question bretonne ». Les discours et projets nommés ici « idéologie bretonne » présentent trois constantes : le dessein de valoriser un peuple différent, sa langue et sa littérature, en se fondant sur leur caractère celtique ; la volonté plus ou moins affirmée de rompre avec la culture française en produisant un récit breton concurrent du roman national ; enfin, un consensus à propos de l’exceptionnalité de la Bretagne. Le terme « idéologie » résume – mieux que celui d’identité – l’ensemble des croyances, traditions plus ou moins réinventées que des acteurs divers et en concurrence orchestrent depuis environ 180 ans. Ce livre analyse cette idéologie à l’oeuvre dans les politiques publiques régionales (langue et culture bretonnes) et il suggère que le bretonisme n’est pas sans combler le retrait sensible de la catholicité dans cette région. En somme, l’idéologie bretonne compense par l’émotion le désenchantement du monde, et demeure en deçà d’un projet politique, au grand regret des autonomistes.