Atelier Hospitalité

PRESENTATION DU THEME : L’HOSPITALITE.

Marie Helene Peray, membre du bureau CREDI 29, présente le thème de l’atelier.

Même si nous avons fait le choix d’aborder l’Hospitalité dans nos différentes spiritualités, nous vous partageons en introduction une réflexion générale sur la définition et le concept d’HOSPITALITE au cours des siècles.

L’HOSPITALITE COMME UN ACTE D’ACCUEIL ET UN DROIT SACRE.

Dans l’antiquité grecque et latine, l’hospitalité est une institution qui constitue un « droit réciproque de trouver logement et protection les uns chez les autres ».

L’hospitalité est un droit sacré que tout le monde est tenu de respecter.

Les hôtes étaient liés par les liens indéfectibles de l’hospitalité.

Le non-respect des lois de l’hospitalité par l’un des hôtes pouvait entraîner des conséquences très graves.

Les lois de l’hospitalité sont valables entre les personnes, les familles, les villes.

Il ne s’agit pas d’une simple politesse, mais d’une institution sociale complexe et d’une obligation morale et religieuse fondamentale.

Au cours des siècles, nous retrouvons aussi ce droit et ces valeurs morales dans d’autres cultures comme nous le verrons au cours des interventions.

L’étymologie du mot hospitalité nous apprend que ce terme est issu du latin hospitalitas, de hospitalis « d’hôte,  hospitalier ».

De même que dans la Grèce antique, la xénia désigne le concept grec d’hospitalité, et, par extension, les présents offerts à un hôte.

C’est aussi un mot ambivalent qui signifie à la fois « l’étranger », « l’invité » et « l’hôte ».

Nous notons aussi que les racines Hospis et xénia ont donné les mots Hostilité et Xenophobie. Ces termes pourront faire l’objet de notre débat sur le point 6 de notre rencontre.

HOSPITALITE, UN SENS EN CASCADE du particulier au général.

Hospitalité, une succession de trois approches ou déclinaisons  dont le sens se recouvre partiellement mais qui s’étagent du particulier au général :

  1 / Première approche : Action individuelle  de recevoir et d’héberger chez soi gracieusement quelqu’un.

C’est une action de l’ordre du don (recevoir, héberger) faite au nom des valeurs de charité, de libéralité (donner largement, sans contrepartie), ou encore d’amitié.

L’hospitalité consiste donc à offrir gracieusement un refuge, un lieu de séjour, à quelqu’un qui en a besoin.

Par rapport à l’Antiquité, aujourd’hui, l’hospitalité n’est plus le fait d’un droit sacré mais plutôt d’une bonne volonté individuelle ou collective.

2 /  deuxième approche : démontre que le terme « hospitalité » peut également servir de qualificatif.

Il désigne dans ce cas, la manière d’être et d’agir d’une personne ou d’un groupe.

On parlera de personne, de ville, ou de pays hospitaliers.

Car il ne s’agit pas simplement d’accueillir des personnes qui en ont besoin, il faut le faire avec générosité, bienveillance, respect, dans la manière d’accueillir et de traiter ses hôtes. (exemple, un peuple connu pour son hospitalité).

3 / troisième approche, l’Asile accordé à quelqu’un, à un groupe, par un pays (Donner l’hospitalité à des réfugiés politiques).

Elle associe les mots « asile » et « hospitalité » et a une dimension politique.

« Asile » vient du latin « asylum » qui veut dire « lieu inviolable ».

A l’origine, « asile » désigne un privilège d’inviolabilité – ou droit d’asile – accordé à certaines personnes ou reconnu à certains lieux (les temples, les lieux de culte, les églises et abbayes).

Cette tradition, d’abord religieuse, a été conservée et élargie lors de la laïcisation de l’Etat.

L’exemple le plus notable est la Convention de Genève de 1951 qui définira un droit d’asile pour les réfugiés et en a fait un droit politique.

 Ces trois déclinaisons de sens, sont intéressantes dans la mesure où elles peuvent nous éclairer sur des aspects différents et complémentaires du mot « hospitalité ».

Elles montrent aussi que toute hospitalité comporte deux faces, selon qu’elle est vécue du côté de celui qui l’offre ou de celui qui la reçoit.

Elle nécessite un déplacement des valeurs et certitudes.

Intervention de Karine Michel
Intervention de Slimane Harrag
Intervention de Marie Hélène Perray

après ces trois interventions un tour de table :

 LES FREINS A L’HOSPITALITE AUJOURD’HUI ?

 « Partout où les étrangers sont rares ils sont bienvenus ; rien ne rend plus hospitalier que de n’avoir pas souvent besoin de l’être : c’est l’affluence des hôtes qui détruit l’hospitalité ». Jean-Jacques Rousseau

Tour de table et partage avec les participants à l’atelier sur les attitudes ou / et paroles qui peuvent être un frein à l’hospitalité ou une porte ouverte vers l’accueil de l’autre : quelsques réflexions.

  • Garder la relation avec le voisin que l’on trouve diffèrent.
  • Faire l’effort de connaitre les habitudes de vie (régime alimentaire)
  • Manque d’écoute (avec les élèves : besoin d’être écoutés)
  • Ce n’est pas la différence qui empêche l’hospitalité, c’est la méconnaissance.
  • Tolérant ou toléré : ces expressions sous entendent un jugement.
  • Importance de découvrir ou non la culture de l’autre.
  • Croire que l’autre peut m’apporter quelque chose.
  • Importance de se déplacer , se décentrer.
  • Eviter les préjugés.
  • Les peurs et la perte de confiance pour accueillir dans un contexte géopolitique anxiogène.
  • Tenir compte de nos limites pour accueillir : nos vies sont faites de nos difficultés et de nos contraintes. Il faut éviter la culpabilité.

Pardon des Sept Saints, pèlerinage islamo-chrétien

Créé par Louis Massignon, en 1954, le pèlerinage réunit fidèles catholiques et musulmans chaque fin de juillet près de la commune du Vieux-Marché, autour d’une histoire partagée, celle des « Sept dormants d’Ephèse ».
Le  pèlerinage est organisé, chaque année, par l’Association « Sources des Sept Dormants » .

Le pardonneur de cette année sera Mgr Michel Cartateguy de la Société des Missions Africaines.

Vendredi 24 juillet : La marche-pèlerinage du groupe ESPOIRS

Rendez-vous à 17h à la chapelle du Yaudet (commune de Ploulec’h) pour le départ de la marche pour arriver aux Sept-Saints le samedi 25 vers 17h.

Les marcheurs seront accueillis à Lannion le vendredi vers 19h à la salle de prière Ti Salam pour un temps de rencontre et un repas partagé. Il est possible de rejoindre la marche le samedi 25 à 9h à la gare de Lannion ou à 12h30 au château de Tonquédec.

Renseignements au 06 60 73 25 39 ou patrickval@wanadoo.fr

Samedi 25 juillet : Table-ronde, échanges, messe et veillée festive

  • De 14h à 17h, à la salle des fêtes du Vieux-Marché, table ronde sur le thème : « L’Afrique aujourd’hui, un continent animiste, chrétien et musulman… »
  • À 18h, aux Sept-Saints, échanges entre les pèlerins-marcheurs et les « pèlerins » de la table ronde,
  • À 21h, à la chapelle des Sept-Saints, messe du pardon suivie de la procession et d’une veillée festive autour du tantad (feu en breton).

On pourra se restaurer aux Sept-Saints avant la messe du pardon.

Dimanche 26 juillet : Pèlerinage islamo-chrétien aux Sept-Saints

  • À 10h30, à la chapelle, messe solennelle
  • Déambulation vers la fontaine avec halte au pilier « Paix »,
  • À la fontaine, temps musulman autour de la sourate 18 “Les gens de la caverne”.
  • Restauration sur place le dimanche sur réservation : Au choix : Massala au bœuf ou Mafé poulet – riz, dessert, eau : 15 € adulte / 10 € moins de 12 ans. Le bénéfice sera reversé à une association au Mali et au Collectif Vagues de Terre. Réservation indispensable : amlecaer@gmail.com – 06 80 92 92 33 (envoyer un SMS).
  • Vers 14h, temps d’échange à la chapelle entre les pèlerins et avec les personnalités présentes au pardon.
  • Vers 17h, à la chapelle, lecture méditative et concert animé par le duo Par’vaz (Ouvrir les ailes en persan) : un envol poétique vers l’Orient, à travers des langues qui nous parlent bien au delà des mots, du persan à l’arabe, de l’araméen au kurde. De la poésie mystique à la berceuse honorant la naissance de l’être, du chant de la mort à celui de la résurrection, de la nuit au jour, de l’hiver au printemps…
    Avec :
  • Hossein Soltani : tanbur,(luth moyen-oriental) bendir, daf et chant,
  • Maëlle Vallet : harpe, qanûn (cithare moyen orientale) et chant,
  • Par’Vaz sera accompagné par les calligraphies de Mohammed Idali réalisées et projetées en direct et de Julie Bouriche qui fera une danse du tournoiement inspirée de la Tradition Soufie.

Restauration sur place le dimanche sur réservation

Le Pardon des Sept-Saints – Pèlerinage islamo-chrétien est tout proche !…
Vous avez peut-être prévu d’y participer et de prendre votre repas sur place le dimanche midi.
Les associations sollicitées à cet effet vous proposent un menu africain pour lequel il est impératif de réserver, comme indiqué dans ce qui suit :

Menu africain : mafé poulet ou marsala de bœuf, riz, dessert, eau minérale, au prix de 15€ (10€ pour les moins de 12 ans). Le bénéfice sera reversé à une association au Mali et au collectif Vagues de Terre.

Réservation indispensable : amlecaer@gmail.com ou sms au 06 80 92 92 33

Mairie du Vieux Marché, 11 Plasenn ar Chezeg
22420LE VIEUX-MARCHÉ
02 96 38 91 13

Accès

  • Lieu : Chapelle des Sept-Saints, Le Vieux-Marché, 22420
  • En voiture : Depuis Lannion (12 km), direction Plouaret puis Le Vieux-Marché.

Programme du pélerinage : https://www.septdormants-levieuxmarche.fr/Programme-du-pelerinage-2026.html

Atelier Hospitalité

Dans la suite des ateliers autour de la figure d’Abraham, et dans le même esprit, nous vous proposons un atelier autour de l’Hopitalité dans les trois religions monothéistes.

Cet atelier sera animé par quatre personnes de différentes traditions religieuses. Elles présenteront chacune un regard, des points d’attention sur cette notion d’hospitalité présente dans toutes les traditions. Il y aura un temps d’échange où chacun pourra réagir. Il n’y a pas besoin d’avoir de connaissance particulière, simplement avoir le désir de découvrir les différentes traditions et d’échanger autour de cette notion que tous peuvent partager.

Lien vers les interventions

mercredi 17 mai, de 19H à 21H, au Centre culturel Al Madina, rue Jules Guesde à Brest.

Dialogue islamo-chrétien, l’itinéraire d’un islamologue, Louis Massignon

Conférence débat :

« A la rencontre de l’Islam, l’itinéraire de Louis MASSIGNON ».

En 1954, à l’orée de la guerre d’Algérie, Louis MASSIGNON fait le rapprochement entre le pardon breton des Sept Saints au Vieux Marché (Côtes d’Armor) et la légende des Sept Dormants d’Ephèse que l’on retrouve dans le Coran, (Sourate 18 dite « des gens de la Caverne »). Chrétien fervent, amoureux de la mystique musulmane, et militant pour une paix sereine des deux côtés de la Méditerranée, il fut à l’origine de l’ouverture de ce pardon breton à des hôtes musulmans, et à toute personne engagée pour la paix. Le pardon des sept Saints, pélerinage islamo-chrétien, a lieu tous les ans à la fin du mois de juillet au Vieux Marché (22).

Cette soirée un peu particulière débutera par un film sur Louis Massignon, « Le voeu et le destin » (produit par STELLA PRODUCTIONS et KTO TV) en présence du réalisateur Grzegorz TOMCZAK et se poursuivra par l’intervention de Bérengère MASSIGNON, petite fille de Louis Massignon, et de Jean MONCELON.

Bérengère  MASSIGNON est docteure en sociologie de l’École pratique des Hautes Études (EPHE), et chargée de cours à l’UCO d’Angers. Elle a travaillé auprès du conseiller pour les affaires religieuses du Quai d’Orsay.

Jean  MONCELON est Docteur ès Lettres. Il est spécialiste de Louis  MASSIGNON, auteur de la première biographie de Louis  MASSIGNON.

Grzegorz TOMCZAK est cinéaste franco-polonais, diplômé de l’École de Lodz, réalisateur de nombreux documentaires d’auteur primés dans des festivals internationaux.

Avec le soutien de l’Université de Bretagne Occidentale (UBO)

Vous trouverez ICI  un lien vers le compte rendu de cette soirée

Jeudi 11 juin 2026, 19H30 à 22H, faculté des Lettres et Sciences Humaines  Victor Segalen, 20 rue Duquesne, 29200 Brest.

Tram ligne A : arrêt liberté; ligne B : arrêt CHU Morvan – Bus ligne D : arrêt Hotel de Ville.

Cette conférence est ouverte à tous, n’hésitez pas à en parler et la faire connaître autour de vous.

La fin de l’antijudaïsme chrétien. L’église catholique et les Juifs de la Révolution française au Concile Vatican II, de Philippe Chenaux

La fin de l’antijudaïsme chrétien. L’église catholique et les Juifs de la Révolution française au Concile Vatican II, de Philippe Chenaux
Paris, Editions du Cerf, 2023, 306p.
Recension par André Roussseau

Si ce livre atteint un large public, comme le souhaite l’auteur – et l’on se joint sans réserve à ce vœu – plus d’un lecteur y trouvera un guide très sûr pour réaliser une anamnèse critique de ce que la culture catholique et peut être sa propre éducation religieuse, ont véhiculé en matière de mépris des Juifs et du Judaïsme.

Le livre est construit selon un double découpage chronologique et géographique où France, Italie et Allemagne jouent les premiers rôles. Le point d’inflexion historique majeur se situe entre les deux guerres mondiales, sous le pontificat de Pie XI. Le récit commence au XVIIème siècle, car les Lumières ont posé la première pierre de « l’émancipation » des juifs, à rebours de l’antijudaïsme catholique dont l’abbé Grégoire aux positions complexes est une exception remarquable (p.26-30). Si l’antisémitisme socio-politique s’est poursuivi et demeure actuel, l’antijudaïsme catholique attendra le 28 octobre 1965 pour être répudié et clos, en principe, par un texte du Concile Vatican II : Nostra Aetate.

L’épilogue du livre dit clairement le cœur du problème ; comment s’est argumentée puis imposée la nécessité de rompre avec l’idée que « les Juifs déicides » pouvaient bien être protégés de la vengeances des chrétiens, tout en les empêchant d’influencer ceux-ci, par de vigoureuses mesures de marginalisation sociale et de stigmatisation religieuse. Cette doctrine du « double protectorat » écrite par le Concile Latran IV en 1215, ne fut pas remise en cause par la politique d’émancipation adoptée sous l’influence de la Révolution française ; dans la pensée catholique majoritaire, la seule solution fut constamment de convertir les Juifs et de prier du bout des lèvres pour que soit pardonnée leur « perfidie ». L’antisémitisme exacerbé du XXème siècle, ne fut que discrètement blâmé et condamné, même si le nazisme le fut.

L’auteur montre clairement que l’antijudaïsme chrétien et l’antisémitisme se sont croisés et conjugués ainsi que l’illustre, en France, l’histoire du quotidien La croix. Le double titre de l’ouvrage renvoie d’ailleurs à la complexité de son objet. Un « avant-propos » et un « prologue » ne sont pas de trop pour préciser dans le premier qu’il s’agit des « relations entre l’Eglise catholique et les juifs » et dans le second, pour insister : « L’antijudaïsme chrétien remonte aux origines mêmes de l’Eglise ». Et lorsqu’on achève la lecture des 30 pages consacrées aux positions adoptées par le Concile Vatican II, on se dit que ce dixième du livre, est inversement proportionnel à son importance historique, mais qu’il reflète toutefois fidèlement l’histoire, notamment dans les difficultés rencontrées par les promoteurs de ce texte pour le faire enfin admettre.  Dans les faits, ce sont des individualités et des réseaux qui, avec ténacité, ont cherché à débarrasser la « conscience chrétienne » et les comportements des catholiques de leur antijudaïsme, mais ils se sont heurtés depuis la Révolution française et encore au XXème siècle, au soupçon et à l’hostilité de Rome, et bien sûr à ses méthodes très efficaces de marginalisation. On trouvera à la fin du livre un précieux ensemble de notices biographiques des principales personnalités en question.

Une observation de l’antijudaïsme catholique amène à comprendre comment s’est construit un type d’identité chrétienne sûre de sa vérité, et quelle audace il fallait à Jacques Maritain et ses amis philosémites pour dénoncer dans l’antisémitisme un véritable « antichristianisme » (p.133). Certes, Nostra Aetate est un texte conciliaire voté à une forte majorité, mais l’auteur montre combien, jusqu’au dernier moment, des réflexes ataviques ont pesé sur la fermeté de ses orientations. Le fait qu’il y soit aussi question des autres religions que le judaïsme prouve bien que l’enjeu est de nature identitaire, de même que les objections de la minorité de 1965 et que ce texte soit toujours un épouvantail pour les intégristes.

La mise au point qu’en connaisseur l’auteur apporte sur les paroles et les gestes de Pie XII concernant la persécution des juifs, ne va pas clore la polémique militante. Se limitant à ce que permettent de dire les archives, elle fait avec justesse la part de la prudence politique dans cette attitude, en entendant bien sûr le terme au sens de l’art incertain de peser les conséquences d’un choix imparfait, surtout quand il implique la responsabilité des autres.

André Rousseau

La laïcité en débats

Conférences de Credi 29 : Credi 29 vous invite à la prochaine conférence de :

Pierre KAHN

La laïcité en débats

En regard des débats qui ont accompagné la mise en place de la laïcité en France, dans l’école d’abord (années 1880), puis, en 1905, avec la séparation de l’Église et de l’État, la situation actuelle de la laïcité est assez inédite. À la fin du XIXe siècle, au début du XXe, l’existence même d’une école laïque, d’un État laïque, était loin de faire consensus, et les adversaires politiques de la laïcité étaient nombreux et puissants. Aujourd’hui, il n’y a plus guère de partis ou de mouvements politiques pour contester le principe de laïcité. On se bousculerait même plutôt pour le défendre. Mais s’il y a consensus sur le principe, il y a dissensus sur son sens.

Tout le monde veut la laïcité, mais tout le monde ne veut pas la même. Ainsi, entre les partisans d’une laïcité porteuse d’un projet émancipateur global, méfiants à l’égard de l’ostentation religieuse, faisant de la neutralité la vertu laïque cardinale d’une part, et d’autre part les tenants d’une laïcité libérale, soucieuse de limiter le rôle de l’État dans la définition des convictions socialement acceptables, et ne faisant de la neutralité qu’un moyen au service de la liberté de conscience, les différences sont profondes et les oppositions réelles.

Formulée en ces termes, l’opposition est sans doute un peu trop schématique et entre le pôle plus « républicain » et le pôle plus « libéral » de la laïcité, bien des nuances peuvent exister. Mais la laïcité n’en reste pas moins aujourd’hui l’objet de compréhensions multiples et différentes. La question se pose donc : entre ces différentes approches, quelle laïcité est-il préférable de vouloir ? En faveur de laquelle pencher et selon quels critères ?

Pierre KAHN est philosophe et historien. Professeur des universités émérite à l’université de Caen. 
 Auteur de « Quelle laïcité voulons-nous ? Essai sur la laïcité et ses possibles. » ESF 2023

Avec le soutien de l’Université de Bretagne Occidentale (UBO)

Vous trouverez ici un lien vers des notes prises lors de sa conférence

MARDI 24 MARS à 20H

Loi de Dieu et liberté des hommes : vieux problème et question pour aujourd’hui

Conférences de Credi 29 : Credi 29 vous invite à la prochaine conférence de :

Jean Louis Schlegel

Loi de Dieu et liberté des hommes :

vieux problème et question pour aujourd’hui

Sous ce titre, « Loi de Dieu et liberté des hommes », Jean-Louis Schlegel a publié en 2003 une réflexion qu’il se propose de replacer dans notre contexte politique et religieux.

1 – Faut-il se désoler que des courants fondamentalistes ou « intégristes » dénoncent l’autonomie morale conquise par la modernité ? Ou au contraire faut-il se réjouir du retour de la question du sens ? Mais entendre que « le christianisme est la foi de l’Amérique »  et voir ce qui s’en suit oblige sans doute à reconsidérer le problème.

2 – Critique de la modernité et « retour du religieux » : s’agit-il de pseudo remèdes à la crise de la pensée politique ? Quelle politique revient quand la religion s’en va ? et inversement…

3 – Et l’équilibre que par exemple, la démocratie française pense avoir trouvé il y a 120 ans, peut-il faire l’économie d’une réflexion sur les changements locaux et internationaux intervenus depuis et brûlants aujourd’hui.

Avec le soutien de l’Université de Bretagne Occidentale (UBO)

Jean-Louis Schlegel est philosophe et sociologue des religions, a été éditeur aux Éditons du Seuil et rédacteur en chef de la revue Esprit.

Notes prises lors de la conférence

MARDI 27 JANVIER à 20H – à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines Victor Segalen, 20 rue Duquesne à Brest. 

Europe et religions

Conférences de Credi 29 : Credi 29 vous invite à la prochaine conférence de :

Bernard Poignant

Europe et Religions

Comment les institutions européennes, depuis les fondateurs, considèrent-t-elles les religions ?
Et quelles relations entretiennent-elles avec elles ?
La pluralité religieuse a semblé, il y a quelques années, peu compatible avec l’idée d’inscrire les « racines chrétiennes » dans la constitution de l’Union…
Actuellement une supposée islamisation de l’Europe est un sujet qui revient, dont on voit qu’il influence les électeurs. Quelle est l’attitude et la réflexion du parlement européen sur l’islam ?
Dans le vote, catholiques, protestants et musulmans se différencient-ils ? si du moins la chose est mesurée ..
Aujourd’hui, loin des idées généreuses qui ont présidé à sa construction, le ciment européen semble devenu à dominante économique…

Bernard POIGNANT est agrégé d’histoire, ancien maire de Quimper, ancien parlementaire européen.

Avec le soutien de l’Université de Bretagne Occidentale (UBO)

MARDI 16 décembre à 20H – à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines Victor Segalen, 20 rue Duquesne à Brest. 

Extrait des notes prises lors de sa conférence

Semaine de prière pour l’unité chrétienne 2026

Chaque année, le principal temps fort œcuménique demeure la « Semaine de prière pour l’unité chrétienne » qui, depuis 1908, rassemble des chrétiens de toutes confessions en janvier, pour 2026 du 18 au 25 janvier.

Le thème de 2026 : « Il y a un seul corps et un seul Esprit, de même que votre vocation vous a appelés à une seule espérance. »

Cette année, les prières et réflexions pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens ont été préparées par les fidèles de l’Église apostolique arménienne, avec leurs frères et sœurs de l’Église catholique et des Églises évangéliques arméniennes.

Dans le Finistère plusieurs célébrations oecuméniques ont lieu :

Brest
Église Saint-Marc, lundi 19 janvier, à 20 h, célébration œcuménique.
Temple protestant, mercredi 21 janvier, à 18 h, temps de prière.
Église Saint-Sauveur
, vendredi 23 janvier, à 17 h, vêpres orthodoxes.
Temple protestant
, vendredi 23 janvier, à 20 h, veillée Taize.

Quimper
Temple rue de Kergariou, samedi 17 janvier à 18H30, célébration œcuménique.
Chapelle de Cuzon, samedi 24 janvier à 18H30, vêpres orthodoxes.
Eglise de Locmaria
, place Bérardier, dimanche 25 janvier à 18H30, messe.

Morlaix
Centre Jean Paul 2, Mercredi 21 janvier 20h00, célébration de l’Unité des Chrétiens, suivi d’un verre de l’amitié.

Vingt ans et après ?

Vingt ans et après

Je ne vais pas ajouter à ce que Jean-Pierre a rappelé, mais soulever une question nécessaire et y apporter une réponse

– Pourquoi voulons-nous continuer ? et pour qui ?

1 – Continuer oui mais en réfléchissant à ce que nous faisons…
Je pense que la question est nécessaire : ne pas se la poser c’est transformer une idée en coutume et en habitude…. « La mémoire et l’habitude sont les fourriers de la mort » disait Charles Péguy. Comment ne pas devenir une institution ? Nombre d’associations « à but non lucratif » se sont retrouvées lucratives et en quête de but… ce n’est pas ce qui nous menace mais …

2 – La pertinence de poursuivre

Je réponds à cette question en me référant au titre de ce livre d’Hartmut Rosa, (Pourquoi la démocratie a besoin de la religion) édité en 2023. On peut mettre le singulier de religion au pluriel bien entendu…

Rosa est un sociologue allemand né en 1965. Ce livre reprend une conférence donnée aux évêques allemands… en 2022…

Il commence par résumer les thèses de deux de ses livres

– Accélération – une critique sociale du temps (paru en 2010)
– Résonnance – une sociologie de la relation au monde (2018)

L’économie mondialisée et financiarisée, explique le premier livre, est comparable à un cheval que son cavalier a lancé au galop… il devient impossible d’en descendre…La croissance des produits à l’échelle de la planète a obligé à construire des porte-conteneurs, fait rouler des camions et fonctionner des chaînes de distributeurs…La croissance demande de la croissance. Pas la peine de vous rappeler les questions de la dette qui résulte de cette fuite en avant ; ou celle du changement climatique qui en est la conséquence.

  Et quel est le sens de tout ceci ? C’est là que les religions pointent leur nez…
…et que le second livre apparaît une bonne ressource.

Résonance ? C’est un terme musical : un musicien sait qu’un son ne résonne pas seul ; il a des harmoniques. La démocratie n’est pas seulement un Etat, la police et le percepteur mais aussi des bureaux de vote et un roman national ; une nation disait Ernest Renan, sollicite un plébiscite de tous les jours. Mais c’est surtout la capacité à chanter la même partition … La résonnance c’est partager la même émotion collective devant une forêt qui brûle et devant une cathédrale dans la même cas. Or cela n’arrive que rarement… Ou artificiellement comme les jeux Olympiques…et ici le feu est un feu de paille comme nous le constatons d’un an après ! mais nous avons pu entendre aussi que religions et sport pouvaient être mis en résonance… : dans certaines conditions on retrouve sens aux événements et ce sens est partagé.

  Les religions auraient-elles une expérience à faire valoir dans la crise politique qui est la nôtre ?

Faire un à plusieurs. E pluribus unum c’est une formule que les théologiens appliquent à l’Eglise ; l’Islam c’est la communauté ; et le judaïsme : Ecoute, Israël ! Abraham quitte son pays Et pour les trois : l’Autre absolu comme seule boussole.

Face au constat résume à l’instant, et développé dans les deux premiers tiers de la conférence, une solution s’impose, selon Hartmut Rosa : s’arrêter et tendre l’oreille (aufhören). Si certaines et certains cherchent cette « résonance » dans la sylvothérapie ou l’astrologie, l’auteur estime que les religions apportent des expériences et des ressources solides. On sait ainsi que les monastères sont une préfiguration de la démocratie ; l’une de leurs règles est que « ce qui concerne tout le monde doit être discuté par tout le monde ».

En posant les religions comme nécessaires ou utiles la démocratie, Rosa ouvre ses propos en reprenant la prière de Salomon : « Donne-moi un cœur qui écoute » (1 Rois 3, 9). Voilà, nous dit-il, l’apport possible des traditions religieuses au profit d’une société à bout de souffle.

Il existe bien des frontières entre religions et une perte de crédibilité de toutes les religions, (cf. la conférence de Jean-Marie Donegani)

-> Mais Rosa n’est pas le seul à contester l’idée que c’en est fini avec les religions. Que les frontières entre une culture sécularisée ou laïque et les religions ne sont pas infranchissables si on cherche la résonance…

-> Les relations horizontales (famille, amis, région, patrie) sont un registre indispensable, mais nous somme aussi reliés au monde et depuis la modernité nous en faisons un objet… et il faut réintégrer la nature, dans la vie démocratique… réintroduire de la réciprocité avec le monde…les arbres, les animaux…Cf. Conférence de Frédéric Rognon sur les religions et l’écologie.

-> La résonance n’est pas un phénomène seulement psychologique – c’est pourquoi, d’ailleurs, la méditation de pleine conscience et toutes les disciplines subjectives ne sont pas suffisantes pour y accéder. Elles demeurent peut-être nombriliques Il faut aussi que quelque chose provienne du monde.

L’individu moderne a le besoin urgent de retrouver des « résonances », de s’arrêter pour écouter une autre voix, pour accepter la rencontre avec autrui et la transformation qu’elle induit. C’est là que la religion peut intervenir dans la mesure où, par ses pratiques, elle témoigne d’une ouverture à l’altérité. La démocratie ne se limite pas à exprimer un vote, mais à être entendu, un aspect souvent négligé aujourd’hui, créant une déconnexion des élites. La pratique des religions, en tant que modèles de résonance, refus du mépris (affect qui ronge le plus la société française au moins), peut contribuer à revitaliser les institutions politiques. Rosa embellit sans doute, mais l’idée peut faire son chemin.

3 – conclusion ce que nous devons poursuivre et parachever

Les conférences par leur méthode, leurs sujets et les conférenciers, illustrent que pour CREDI le dialogue, ne vise pas d’abord à gommer les préjugés réciproques et à prier ensemble pour que cela arrive. Ceci c’est le dialogue des institutions et c’est évidemment très bien… Ce que nous faisons et pourrions faire mieux sans doute, pratiquer le changement de point de vue. La reconnaissance c’est l’acceptation des différences… La résonance c’est faire quelque chose de cette reconnaissance…

Un militant de la ligue de l’enseignement, un imam et le directeur d’un lycée catholique ont chacun des émotions particulières. Le premier hérite d’une victoire : on peut ne pas croire ; et la société est dotée d’une autonomie. Le second cherche à surmonter des préjugés. Le troisième défend le caractère propre et demande si l’autonomie suffit à fonder les choix…

Mais le premier se rend-il compte qu’il prive de connaissances et d’émotion ? Le second parvient-il à s’inscrire dans la culture séculière et la démocratie ? Le troisième parvient-il à rendre audible le caractère propre au catholicisme ? comment l’applique-t-il aux musulmans qu’il scolarise ?