Atelier Hospitalité

Dans la suite des ateliers autour de la figure d’Abraham, et dans le même esprit, nous vous proposons un atelier autour de l’Hopitalité dans les trois religions monothéistes.

Cet atelier sera animé par quatre personnes de différentes traditions religieuses. Elles présenteront chacune un regard, des points d’attention sur cette notion d’hospitalité présente dans toutes les traditions. Il y aura un temps d’échange où chacun pourra réagir. Il n’y a pas besoin d’avoir de connaissance particulière, simplement avoir le désir de découvrir les différentes traditions et d’échanger autour de cette notion que tous peuvent partager.

mercredi 17 mai, de 19H à 21H, au Centre culturel Al Madina, rue Jules Guesde à Brest.

Dialogue islamo-chrétien, l’itinéraire d’un islamologue, Louis Massignon

Conférence débat :

« A la rencontre de l’Islam, l’itinéraire de Louis MASSIGNON ».

En 1954, à l’orée de la guerre d’Algérie, Louis MASSIGNON fait le rapprochement entre le pardon breton des Sept Saints au Vieux Marché (Côtes d’Armor) et la légende des Sept Dormants d’Ephèse que l’on retrouve dans le Coran, (Sourate 18 dite « des gens de la Caverne »). Chrétien fervent, amoureux de la mystique musulmane, et militant pour une paix sereine des deux côtés de la Méditerranée, il fut à l’origine de l’ouverture de ce pardon breton à des hôtes musulmans, et à toute personne engagée pour la paix. Le pardon des sept Saints, pélerinage islamo-chrétien, a lieu tous les ans à la fin du mois de juillet au Vieux Marché (22).

Cette soirée un peu particulière débutera par un film sur Louis Massignon, « Le voeu et le destin » (produit par STELLA PRODUCTIONS et KTO TV) en présence du réalisateur Grzegorz TOMCZAK et se poursuivra par l’intervention de Bérengère MASSIGNON, petite fille de Louis Massignon, et de Jean MONCELON.

Bérengère  MASSIGNON est docteure en sociologie de l’École pratique des Hautes Études (EPHE), et chargée de cours à l’UCO d’Angers. Elle a travaillé auprès du conseiller pour les affaires religieuses du Quai d’Orsay.

Jean  MONCELON est Docteur ès Lettres. Il est spécialiste de Louis  MASSIGNON, auteur de la première biographie de Louis  MASSIGNON.

Grzegorz TOMCZAK est cinéaste franco-polonais, diplômé de l’École de Lodz, réalisateur de nombreux documentaires d’auteur primés dans des festivals internationaux.

Avec le soutien de l’Université de Bretagne Occidentale (UBO)

Jeudi 11 juin 2026, 19H30 à 22H, faculté des Lettres et Sciences Humaines  Victor Segalen, 20 rue Duquesne, 29200 Brest.

Tram ligne A : arrêt liberté; ligne B : arrêt CHU Morvan – Bus ligne D : arrêt Hotel de Ville.

Cette conférence est ouverte à tous, n’hésitez pas à en parler et la faire connaître autour de vous.

La fin de l’antijudaïsme chrétien. L’église catholique et les Juifs de la Révolution française au Concile Vatican II, de Philippe Chenaux

La fin de l’antijudaïsme chrétien. L’église catholique et les Juifs de la Révolution française au Concile Vatican II, de Philippe Chenaux
Paris, Editions du Cerf, 2023, 306p.
Recension par André Roussseau

Si ce livre atteint un large public, comme le souhaite l’auteur – et l’on se joint sans réserve à ce vœu – plus d’un lecteur y trouvera un guide très sûr pour réaliser une anamnèse critique de ce que la culture catholique et peut être sa propre éducation religieuse, ont véhiculé en matière de mépris des Juifs et du Judaïsme.

Le livre est construit selon un double découpage chronologique et géographique où France, Italie et Allemagne jouent les premiers rôles. Le point d’inflexion historique majeur se situe entre les deux guerres mondiales, sous le pontificat de Pie XI. Le récit commence au XVIIème siècle, car les Lumières ont posé la première pierre de « l’émancipation » des juifs, à rebours de l’antijudaïsme catholique dont l’abbé Grégoire aux positions complexes est une exception remarquable (p.26-30). Si l’antisémitisme socio-politique s’est poursuivi et demeure actuel, l’antijudaïsme catholique attendra le 28 octobre 1965 pour être répudié et clos, en principe, par un texte du Concile Vatican II : Nostra Aetate.

L’épilogue du livre dit clairement le cœur du problème ; comment s’est argumentée puis imposée la nécessité de rompre avec l’idée que « les Juifs déicides » pouvaient bien être protégés de la vengeances des chrétiens, tout en les empêchant d’influencer ceux-ci, par de vigoureuses mesures de marginalisation sociale et de stigmatisation religieuse. Cette doctrine du « double protectorat » écrite par le Concile Latran IV en 1215, ne fut pas remise en cause par la politique d’émancipation adoptée sous l’influence de la Révolution française ; dans la pensée catholique majoritaire, la seule solution fut constamment de convertir les Juifs et de prier du bout des lèvres pour que soit pardonnée leur « perfidie ». L’antisémitisme exacerbé du XXème siècle, ne fut que discrètement blâmé et condamné, même si le nazisme le fut.

L’auteur montre clairement que l’antijudaïsme chrétien et l’antisémitisme se sont croisés et conjugués ainsi que l’illustre, en France, l’histoire du quotidien La croix. Le double titre de l’ouvrage renvoie d’ailleurs à la complexité de son objet. Un « avant-propos » et un « prologue » ne sont pas de trop pour préciser dans le premier qu’il s’agit des « relations entre l’Eglise catholique et les juifs » et dans le second, pour insister : « L’antijudaïsme chrétien remonte aux origines mêmes de l’Eglise ». Et lorsqu’on achève la lecture des 30 pages consacrées aux positions adoptées par le Concile Vatican II, on se dit que ce dixième du livre, est inversement proportionnel à son importance historique, mais qu’il reflète toutefois fidèlement l’histoire, notamment dans les difficultés rencontrées par les promoteurs de ce texte pour le faire enfin admettre.  Dans les faits, ce sont des individualités et des réseaux qui, avec ténacité, ont cherché à débarrasser la « conscience chrétienne » et les comportements des catholiques de leur antijudaïsme, mais ils se sont heurtés depuis la Révolution française et encore au XXème siècle, au soupçon et à l’hostilité de Rome, et bien sûr à ses méthodes très efficaces de marginalisation. On trouvera à la fin du livre un précieux ensemble de notices biographiques des principales personnalités en question.

Une observation de l’antijudaïsme catholique amène à comprendre comment s’est construit un type d’identité chrétienne sûre de sa vérité, et quelle audace il fallait à Jacques Maritain et ses amis philosémites pour dénoncer dans l’antisémitisme un véritable « antichristianisme » (p.133). Certes, Nostra Aetate est un texte conciliaire voté à une forte majorité, mais l’auteur montre combien, jusqu’au dernier moment, des réflexes ataviques ont pesé sur la fermeté de ses orientations. Le fait qu’il y soit aussi question des autres religions que le judaïsme prouve bien que l’enjeu est de nature identitaire, de même que les objections de la minorité de 1965 et que ce texte soit toujours un épouvantail pour les intégristes.

La mise au point qu’en connaisseur l’auteur apporte sur les paroles et les gestes de Pie XII concernant la persécution des juifs, ne va pas clore la polémique militante. Se limitant à ce que permettent de dire les archives, elle fait avec justesse la part de la prudence politique dans cette attitude, en entendant bien sûr le terme au sens de l’art incertain de peser les conséquences d’un choix imparfait, surtout quand il implique la responsabilité des autres.

André Rousseau

La laïcité en débats

Conférences de Credi 29 : Credi 29 vous invite à la prochaine conférence de :

Pierre KAHN

La laïcité en débats

En regard des débats qui ont accompagné la mise en place de la laïcité en France, dans l’école d’abord (années 1880), puis, en 1905, avec la séparation de l’Église et de l’État, la situation actuelle de la laïcité est assez inédite. À la fin du XIXe siècle, au début du XXe, l’existence même d’une école laïque, d’un État laïque, était loin de faire consensus, et les adversaires politiques de la laïcité étaient nombreux et puissants. Aujourd’hui, il n’y a plus guère de partis ou de mouvements politiques pour contester le principe de laïcité. On se bousculerait même plutôt pour le défendre. Mais s’il y a consensus sur le principe, il y a dissensus sur son sens.

Tout le monde veut la laïcité, mais tout le monde ne veut pas la même. Ainsi, entre les partisans d’une laïcité porteuse d’un projet émancipateur global, méfiants à l’égard de l’ostentation religieuse, faisant de la neutralité la vertu laïque cardinale d’une part, et d’autre part les tenants d’une laïcité libérale, soucieuse de limiter le rôle de l’État dans la définition des convictions socialement acceptables, et ne faisant de la neutralité qu’un moyen au service de la liberté de conscience, les différences sont profondes et les oppositions réelles.

Formulée en ces termes, l’opposition est sans doute un peu trop schématique et entre le pôle plus « républicain » et le pôle plus « libéral » de la laïcité, bien des nuances peuvent exister. Mais la laïcité n’en reste pas moins aujourd’hui l’objet de compréhensions multiples et différentes. La question se pose donc : entre ces différentes approches, quelle laïcité est-il préférable de vouloir ? En faveur de laquelle pencher et selon quels critères ?

Pierre KAHN est philosophe et historien. Professeur des universités émérite à l’université de Caen. 
 Auteur de « Quelle laïcité voulons-nous ? Essai sur la laïcité et ses possibles. » ESF 2023

Avec le soutien de l’Université de Bretagne Occidentale (UBO)

Vous trouverez ici un lien vers des notes prises lors de sa conférence

MARDI 24 MARS à 20H

Semaine de prière pour l’unité chrétienne 2026

Chaque année, le principal temps fort œcuménique demeure la « Semaine de prière pour l’unité chrétienne » qui, depuis 1908, rassemble des chrétiens de toutes confessions en janvier, pour 2026 du 18 au 25 janvier.

Le thème de 2026 : « Il y a un seul corps et un seul Esprit, de même que votre vocation vous a appelés à une seule espérance. »

Cette année, les prières et réflexions pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens ont été préparées par les fidèles de l’Église apostolique arménienne, avec leurs frères et sœurs de l’Église catholique et des Églises évangéliques arméniennes.

Dans le Finistère plusieurs célébrations oecuméniques ont lieu :

Brest
Église Saint-Marc, lundi 19 janvier, à 20 h, célébration œcuménique.
Temple protestant, mercredi 21 janvier, à 18 h, temps de prière.
Église Saint-Sauveur
, vendredi 23 janvier, à 17 h, vêpres orthodoxes.
Temple protestant
, vendredi 23 janvier, à 20 h, veillée Taize.

Quimper
Temple rue de Kergariou, samedi 17 janvier à 18H30, célébration œcuménique.
Chapelle de Cuzon, samedi 24 janvier à 18H30, vêpres orthodoxes.
Eglise de Locmaria
, place Bérardier, dimanche 25 janvier à 18H30, messe.

Morlaix
Centre Jean Paul 2, Mercredi 21 janvier 20h00, célébration de l’Unité des Chrétiens, suivi d’un verre de l’amitié.

L’Idéologie bretonne, Entre authenticité et nationalisme soft

L’idéologie bretonne

Entre authenticité et nationalisme soft

de André Rousseau

Pourquoi la théâtralisation permanente de l’identité régionale rencontre-t-elle en Bretagne un accueil enthousiaste jamais démenti ? Pour répondre à cette question, ce livre s’intéresse aux acteurs qui depuis près de deux siècles tentent de transformer la situation de périphérie dominée de la Bretagne en une « question bretonne ». Les discours et projets nommés ici « idéologie bretonne » présentent trois constantes : le dessein de valoriser un peuple différent, sa langue et sa littérature, en se fondant sur leur caractère celtique ; la volonté plus ou moins affirmée de rompre avec la culture française en produisant un récit breton concurrent du roman national ; enfin, un consensus à propos de l’exceptionnalité de la Bretagne. Le terme « idéologie » résume – mieux que celui d’identité – l’ensemble des croyances, traditions plus ou moins réinventées que des acteurs divers et en concurrence orchestrent depuis environ 180 ans. Ce livre analyse cette idéologie à l’oeuvre dans les politiques publiques régionales (langue et culture bretonnes) et il suggère que le bretonisme n’est pas sans combler le retrait sensible de la catholicité dans cette région. En somme, l’idéologie bretonne compense par l’émotion le désenchantement du monde, et demeure en deçà d’un projet politique, au grand regret des autonomistes.

Marx, Nietzsche, Freud, et la religion.

CONFERENCE REPORTEE A UNE DATE ULTERIEURE

Conférences de Credi 29 : Credi 29 vous invite à la prochaine conférence de : Philippe Gaudin :

Marx, Nietzsche, Freud, et la religion

Bilan et actualité

Ce sont les hommes qui font la religion, telle est la grande thèse de ces trois grandes figures de la modernité, commune d’ailleurs aux sciences des religions. La religion est un phénomène historique, anthropologique, social, psychologique. La religion prise comme objet est-elle un sujet épuisé ? Peut-on simplement parler d’athéisme ? Comment ces idées soutiennent-elles aujourd’hui notre manière de penser comme nos  comportements quotidiens ?

Avec le soutien de l’Université de Bretagne Occidentale (UBO)

Philippe Gaudin, agrégé de philosophie et docteur de l’EPHE, est directeur de l’Institut d’Etude des Religions et de la Laïcité – Ecole Pratique des Hautes Etudes – PSL

Ses recherches comme son travail de formateur portent sur la laïcité, les faits religieux et les politiques publiques qui s’y rapportent ; ainsi que sur les philosophies de la religion.