Interfestival des religions et des convictions : «Santé mentale : croire pour aller mieux ?»

L’Interfestival des religions et des convictions : «Santé mentale : croire pour aller mieux ?» a lieu du 24 au 26 janvier 2025 à l’abbaye St Jacut de la Mer.

Burn-out, dépression, isolement, stress, éco-anxiété, addictions, phobies, crises d’angoisse… Dans un récent rapport, l’Organisation Mondiale de la Santé estime qu’une personne sur quatre présenterait au cours de sa vie un ou plusieurs troubles mentaux. L’ampleur de ce phénomène devrait faire de la santé mentale une priorité en termes de santé publique.

Qu’en disent les religions ? Peuvent-elles être une voie de guérison ? La foi et la spiritualité pourraient-elles nous aider à sortir de nos angoisses ou de nos mal-êtres ? Quelle place peut avoir notre intériorité pour prendre soin de soi et des autres ? Croire peut-il nous aider à aller mieux ? Autant de questions auxquelles seront tentés de répondre les experts, universitaires et théologiens issus des différentes traditions religieuses ou philosophiques qui participeront à cette rencontre.

Vous pouvez retrouver ici quelques-unes des interventions : https://www.abbaye-st-jacut.com/mediatheque

Semaine de prière pour l’unité chrétienne 2025

Semaine de prière pour l’unité chrétienne 2025

Chaque année, le principal temps fort œcuménique demeure la « Semaine de prière pour l’unité chrétienne » qui, depuis 1908, rassemble des chrétiens de toutes confessions en janvier, pour 2025 du 19 au 26 janvier.

Pour l’année 2025, les prières et réflexions de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens ont été préparées par les frères et sœurs de la communauté monastique de Bose, dans le nord de l’Italie.

Le thème de cette année est : « Crois-tu cela ? » (Jean 11,26)

Cette année marque le 1700e anniversaire du premier concile œcuménique, qui se tint à Nicée, près de Constantinople, en 325. Cette commémoration nous offre une occasion unique de réfléchir à la foi commune des chrétiens et de la célébrer, telle qu’elle est exprimée dans le Credo formulé lors de ce concile ; une foi qui, encore aujourd’hui, reste vivante et porte des fruits. La Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2025 est une invitation à puiser dans cet héritage commun et à pénétrer plus profondément dans la foi qui unit tous les chrétiens.

À l’occasion des 1700 ans du concile œcuménique de Nicée, le Conseil des Églises Chrétiennes en France (CECEF) organise une rencontre-évènement à Lyon les 18 et 19 janvier 2025, au début de la semaine pour l’unité des chrétiens. Pour cette occasion, les producteurs des émissions orthodoxe, oriental, protestant et catholique du dimanche sur France 2 ont décidé de s’associer à cet événement à travers la diffusion d’une célébration nationale de l’anniversaire du symbole de Nicée avec les co-présidents du CECEF Mgr Eric de Moulins-Beaufort, le pasteur Christian Krieger, le métropolite Dimitrios Ploumis ainsi que Mgr Krikor Khachatrian évêques des arméniens apostoliques de France. La célébration sera principalement animée par la chorale œcuménique de Lyon.

Vous pouvez retrouver la célébration d’ouverture depuis le Grand Temple de Lyon sur le lien suivant : https://youtu.be/X8NBPomDcTc

Peut-on parler d’indifférence religieuse ?

Conférences de Credi 29 : Credi 29 vous invite à la prochaine conférence de :

Jean-Marie DONEGANI

Peut-on parler
d’indifférence religieuse ?

Les sondages d’opinion estiment aujourd’hui que plus d’un quart de la population serait « sans religion ». La proportion n’était que de 10% en 1974.
Cette conférence expliquera pourquoi ce phénomène n’est pas la marque d’une indifférence voire d’un dédain envers la question religieuse mais plutôt la conviction de beaucoup de nos contemporains qu’une recherche religieuse dépasse toute appartenance particulière. La reconnaissance d’une pluralité d’options religieuses s’accompagne d’un primat de l’expérience personnelle et d’une recherche d’authenticité.

Avec le soutien de l’Université de Bretagne Occidentale (UBO)

Jean-Marie Donegani est politiste et professeur émérite des Universités.
Il est l’auteur de « La liberté de choisir. Pluralisme religieux et pluralisme politique dans le catholicisme français contemporain ».

Notes prises lors de la conférence

Mercredi 4 Décembre à 20H – Faculté des Lettres et Sciences Humaines, 20 rue Duquesne, 29200 Brest

« Chrétiens africains et ultramarins en migration : tensions culturelles et religieuses »

Journée d’études du CRBC : Chrétiens africains et ultramarins en migration : tensions culturelles et religieuses

Lundi 14 octobre 2024 – 9 Hfaculté de Lettres et Sciences Humaines Victor Segalen – UFR Lettres et Sciences humaines, Brest, bâtiment C, 3e étage, en salle C219.

Cadre et objet de la journée

Cette journée est consacrée à des aspects peu connus des migrations. Si les questions de l’Islam et de son intégration dans une société sécularisée et laïcisée sont depuis longtemps des questions publiques et politiques, celles de la présence de créoles ou d’Africains dans les communautés catholiques ou protestantes génère des tensions plus discrètes mais plus ou moins aiguës et qui modifient parfois substantiellement les « styles » religieux établis. C’est ce que l’on peut observer dans nombre de communautés protestantes « évangéliques » où les migrants sont de plus en plus nombreux, et même dans des paroisses catholiques.

Le phénomène a été étudié méthodiquement dans des paroisses catholiques de Lyon et Paris  sous l’angle des modes d’expressions propres à des migrants et des tensions qu’elles peuvent provoquer parfois avec le clergé et les fidèles habituels
Outre des analyses de terrain et dans le prolongement du travail mentionné ci-dessus, nous introduirons dans cette journée une réflexion illustrée sur l’usage réfléchi de la photographie comme instrument d’objectivation et d’interprétation, qui nous semble utile et féconde pour les terrains « anthropologiques ».

Centrée sur les comportements liturgiques, sans écarter d’autres dimensions, une partie de cette journée s’inscrit dans le champ large des questionnements sur la culture et l’identité. Les pratiques et productions collectives dans la liturgie sont analysées de manière différenciée avec, souvent, des questionnements de premier plan, portant notamment sur des dimensions symboliques fortes, des conflits ou luttes de propriété symbolique, alors que d’autres manifestations, plus discrètes, sont mobilisées de manière plus épisodique, en fonction d’enjeux contextualisés. Divers travaux d’anthropologie culturelle nous montrent à quel point, jusque dans l’intimité infracorporelle, les techniques du corps sont apprises et partagées en groupe. D’autres nombreux travaux indiquent l’importance des codes de civilité et d’interaction.

La prise en compte des tensions internes au clergé suite à la présence non marginale de prêtres africains (mais aussi polonais), permettra de focaliser sur la question du pouvoir et de l’autorité mais aussi sur la maîtrise inégale des codes culturels locaux et traditionnels par ce clergé « remplaçant », et les rapports qu’il entretient avec les autochtones laïcs et prêtres.

Contributeurs

  • Sophie Bava, Marseille
    Socio-anthropologue à l’IRD, membre de l’UMR AMU-LPED, coordinatrice du laboratoire mixte international Movida. Rédactrice de la revue Afrique(s) en Mouvement et chargée de mission Afrique-Méditerranée au sein de l’institut SoMuM.
  • Malik Nejmi, Orléans
    Photographe. Par sa pratique artistique, il a partagé un terrain au Maroc avec les anthropologues Sophie Bava et Bernard Coyault. Ils ont réalisé collectivement l’ouvrage Dieu va ouvrir la mer. Christianismes africains au Maroc, IRD éditions/ Kulte édition, 2022.
  • André Rousseau, Brest
    Sociologue, chercheur associé au CRBC. Il est notamment l’auteur de Pour une sociologie de la crise catholique. France, 1960-1980, CRBC éditions, 2015.
  • Corinne Valasik, Paris
    Enseignante-chercheuse, maîtresse de conférences en sociologie, doyenne honoraire de la faculté des sciences sociales, économiques et de droit de l’Institut catholique de Paris, membre du laboratoire de recherche Groupe Société religions Laïcité GSRL-CNRS. Elle est notamment l’auteure de « Les prêtres africains en France : de nouveaux missionnaires ? », in Valérie Aubourg, Jacques Barrou et Cécile Campergue (éds.), Migrants catholiques en France. Ancrages sociaux et religieux, Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble Alpes, 2022, pp. 40-54.
  • Benjamin Vanderlick, Brest
    Ethnologue et photographe. En qualité de photographe, il a été associé à l’ANR ReliMig coordonné par Valérie Aubourg (2016-2021). Avec Valérie Aubourg ils ont publié l’ouvrage de recherche et de photographie Dieu Merci, expressions catholiques africaines et créoles, éditions Libel, 2021.
  • Valérie Aubourg, Lyon
    Ethnologue et professeure (HDR) de l’Université Catholique de Lyon où elle dirige l’UR CONFLUENCE : Sciences et Humanités (EA 1598). Elle conduit par ailleurs un projet de recherche collaboratif au sujet des populations catholiques issues de la diaspora et de la migration. Elle est membre associée du Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (CNRS-EPHE) et fellow à l’IC Migrations (institut convergence des migrations). Elle est coéditrice de l’ouvrage Migrants catholiques en France. Ancrages sociaux et religieux, Presses Universitaires de Grenoble, 2023.
  • Bernard Coyault
    Anthropologue, chercheur associé à l’Institut des Mondes Africains. Il travaille sur les dynamiques religieuses des parcours migratoires, la pluralisation religieuse en Afrique subsaharienne.

L’identité bretonne s’est-elle substituée au catholicisme ?

  1. Pourquoi ce livre et comment ?

un projet collectif qui devient individuel avec des bases qui permettent de le réaliser.

– idéologie, authenticité, nationalisme soft

J’applique aux discours sur la Bretagne la définition de l’idéologie donnée par le Centre national de ressources textuelles et lexicales  : « Ensemble plus ou moins cohérent des idées, des croyances et des doctrines philosophiques, religieuses, politiques ». (Centre national de ressources textuelles et lexicales)

Daniel Le Couédic, « idée bretonne » : somme des constructions intellectuelles qui prêtent à la Bretagne des caractéristiques ou un rôle incomparables »

– le sommaire

  1. Une thèse et les questions qu’elle pose

« Sociologue des religions, André Rousseau avance une hypothèse qui me paraît très féconde. Dieu est mort en Bretagne mais les Bretons ne peuvent s’empêcher de croire… Ils auraient donc fait un transfert. Dorénavant, c’est en la Bretagne qu’ils croient. Ils chantaient « Catholiques et Bretons toujours », ils entonnent dorénavant: « Bretons toujours ! »  (Jean Lebrun, France Inter, 17 mars 2023)

2-1 – Il faut partir de la place historique du catholicisme en Bretagne : la culture catholique a imprimé sa marque sur le régionalisme breton

– Rome fut « capitale de la Bretagne », mais sa puissance s’est effacée dans tous les domaine tout en laissant un leg sécularisé : langue, culture, dynamisme économique, esprit de corps

– comme ailleurs, l’effacement a libéré l’espace pour d’autres : la raison économique et le celtisme

– plus personne ne s’étonne que les bretonistes  parlent de « la France » ou de « la République » comme de réalités extérieures, ne voient de « roman national » que hors de la Bretagne et contre elle…

– du catholicisme il  reste surtout une « tonalité » : toute idée devient combat et mission ; illustration du « catholicisme » zombie de Le Bras et Todd

2.2. Des questions : avant de compléter cette thèse voici des précisions sur la manière dont je parle de religion

  1. Quelques mots sur la vision sociologique de la religion
  2. Religion : qu’entend-on par là quand on suggère que le bretonisme est devenu la religion de la Bretagne ?

– Formes Elémentaires de Durkheim ou « scrupule rituel » romain décrit par John Scheid ?

  1. L’idéologie bretonne, une forme de déplacement de la religion. Métaphore : La religion plus ou moins marginalisée doit entreprendre un travail de traduction. Dieu tout puissant devient « Dieu puissant d’amour ».

Si le catholicisme emprunte à l’air du temps des schèmes qui le rendent compréhensible cela implique que ces schèmes peuvent très bien fonctionner comme religion de substitution.,

Les piliers de l’idéologie bretonne ont curieusement trait à la tradition, la mémoire, au lien social, à la vocation d’un collectif.

  1. Du bretonisme considéré comme une forme du « religieux disséminé dans le social » (Danièle Hervieu-Léger) comment cela s’est-il fait ?
  2. Cette thèse d’un transfert du catholicisme implique de modifier la définition durkheimienne de la religion :

« Une religion, est un système solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées, c’est-à-dire séparées, interdites, croyances et pratiques qui unissent en une même communauté morale, appelée Église, tous ceux qui y adhèrent » (Les Formes élémentaires de la vie religieuse)

DHL La Religion pour mémoire, Cerf, 1993, p.119 : « une religion est un dispositif idéologique, pratique et symbolique par lequel est constituée, entretenue, développée et contrôlée la conscience (individuelle et collective) de l’appartenance à une lignée croyante particulière ». 

Et p. 127 « on appellera tradition l’ensemble des représentations, images, savoirs théoriques et pratiques, comportements et attitudes qu’un groupe ou une société accepte au nom de la continuité nécessaire entre son passé et son présent »…. « Avec la capacité  d’y incorporer des innovations et réinterprétations qu’exige une conjoncture. »

Pour ce qui concerne la « croyance » : Comme l’a montré Émile Benveniste  la «« foi » désigne non pas l’attitude du croyant, mais « l’assurance qu’il tire d’une propriété qu’il prête à l’objet de sa croyance »[1]. C’est ce mécanisme qui fait du bretonisme et du « celtisme » une évidence. Et une foi. On peut voir à l’œuvre semblable dispositif dans « l’identité ».

D’après Yvon Tranvouez, dans Catholiques en Bretagne au XXème siècle, p.53-70

Celtes d’abord

Ropartz Hémon : très peu de catholiques autour de lui et du mythe celtique, sauf autour de 1940.

 L’abbé Perrot ne supporte pas ce paganisme

 

Bretons d’abord

Abbé Perrot : revue Feiz ha Breiz

Franchement régionaliste mais son nationalisme est hésitant à cause de l’hostilité de Duparc. Beaucoup de monde autour de lui – Bleun Brug, journal O lo lê

Catholiques d’abord

Mgr. Duparc

C’est le groupe de loin le plus nombreux ; seulement régionaliste pour la culture et la langue et la fierté bretonne (« race » exceptionnelle – au sens de « racé ».

Pétainistes puis de moins en moins

 

Républicains d’abord

Francis Gourvil (1889-1984)

Féru de celtisme quitte le parti nationaliste ; durant la guerre,  proche de la résistance. La question bretonne entre parenthèse.

Cette minorité deviendra majorité après la guerre ; se situant au centre droit et devenant gaulliste.

[1] Le Vocabulaire des institutions européennes, op. cit. Voir le chapitre 8, « Fidélité personnelle », p. 103 et suiv., et surtout le chapitre 15, « Créance et croyance », p.  171-180. 

 

L’accès des femmes à l’autorité religieuse. Changements, résistances et controverses

Conférences de Credi 29 : Credi 29 vous invite à la prochaine conférence de :

Céline Béraud

L’accès des femmes

à l’autorité religieuse.

Changements, résistances et controverses

On pointe volontiers pour la dénoncer la dimension patriarcale du judaïsme, du christianisme et de l’islam. Au sein de ces mondes religieux, l’exercice de l’autorité est longtemps demeuré et demeure, pour une grande part encore, le monopole des hommes.

Dans cette conférence, on s’attachera à saisir les facteurs favorables à l’accès des femmes à des positions qui leur étaient jusqu’alors inaccessibles (pastorat, rabbinat ou encore imamat mais aussi, plus modestement et plus fréquemment, enseignement de la religion ou aumôneries des institutions publiques). Mais on analysera aussi les résistances et controverses parfois très vives que cela suscite. On verra ainsi comment ces questions de genre travaillent aujourd’hui de l’intérieur les mondes religieux et se reflètent dans leur pluralité interne.

Avec le soutien de l’Université de Bretagne Occidentale (UBO)

Céline Béraud est sociologue, directrice d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Elle a notamment publié Le catholicisme français à l’épreuve des scandales sexuels (Seuil, La République des Idées, 2021) et La bataille du genre. Du mariage pour tous à la PMA (Fayard, Raison d’agir, 2021).

Notes prises lors de la conférence

Mardi 20 février 2024, à 20H, à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines Victor Segalen, 20 rue Duquesne à Brest. 

L’Idéologie bretonne, Entre authenticité et nationalisme soft

L’idéologie bretonne

Entre authenticité et nationalisme soft

de André Rousseau

Pourquoi la théâtralisation permanente de l’identité régionale rencontre-t-elle en Bretagne un accueil enthousiaste jamais démenti ? Pour répondre à cette question, ce livre s’intéresse aux acteurs qui depuis près de deux siècles tentent de transformer la situation de périphérie dominée de la Bretagne en une « question bretonne ». Les discours et projets nommés ici « idéologie bretonne » présentent trois constantes : le dessein de valoriser un peuple différent, sa langue et sa littérature, en se fondant sur leur caractère celtique ; la volonté plus ou moins affirmée de rompre avec la culture française en produisant un récit breton concurrent du roman national ; enfin, un consensus à propos de l’exceptionnalité de la Bretagne. Le terme « idéologie » résume – mieux que celui d’identité – l’ensemble des croyances, traditions plus ou moins réinventées que des acteurs divers et en concurrence orchestrent depuis environ 180 ans. Ce livre analyse cette idéologie à l’oeuvre dans les politiques publiques régionales (langue et culture bretonnes) et il suggère que le bretonisme n’est pas sans combler le retrait sensible de la catholicité dans cette région. En somme, l’idéologie bretonne compense par l’émotion le désenchantement du monde, et demeure en deçà d’un projet politique, au grand regret des autonomistes.

RELIGIONS ET ECOLOGIE

Conférences de Credi 29 : Credi 29 vous invite à la prochaine conférence de :

Frédéric Rognon

 Religions et écologie

Les relations entre religions et écologie sont  foncièrement ambivalentes. Les traditions théologiques et spirituelles des religions, leurs textes de référence, leur anthropologie, leurs rites, présentent, on le montrera, autant de freins que de précieuses ressources pour la prise en compte des défis environnementaux et de l’avenir de la planète. L’exemple du protestantisme est à ce titre emblématique : souvent associé au capitalisme (et par conséquent à la première forme de productivisme), il est également à l’origine des premiers embryons de résistance au saccage de la Création (premiers parcs nationaux, premières campagnes de lutte contre la vivisection ou contre la construction de barrages, premières sociétés végétariennes). Nous essaierons de comprendre comment une même tradition religieuse peut représenter à la fois un poison et un antipoison pour le bien-être des générations futures. Loin de toute pensée binaire, nous poserons donc la question des relations entre religions et écologie sur un mode foncièrement dialectique.

Avec le soutien de l’Université de Bretagne Occidentale (UBO)

Frédéric Rognon est professeur de philosophie à la Faculté de théologie protestante de l’Université de Strasbourg.
Il a publié avec Christophe Monnot : « Eglises et écologie. Une révolution à reculons » (Labor et Fides, 2020) et  « La nouvelle théologie verte » (Labor et Fides, 2021).

Notes prises lors de la conférence

Mardi 30 mai 2023, à 20H, à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines Victor Segalen, 20 rue Duquesne à Brest. 

Critique scientifique et conviction religieuse, quelle autonomie ? quelles rencontres ?

Conférences de Credi 29 : Credi 29 vous invite à la prochaine conférence de :

François Euvé :

Critique scientifique et conviction religieuse

quelle autonomie ?

quelles rencontres ?

La vision scientifique moderne du monde laisse peu de place à l’intervention d’un Dieu Créateur. Cela est vrai à l’échelle du cosmos (Galilée), mais aussi dans le monde vivant (Darwin). De nouvelles théories en physique fondamentale tendent à critiquer la vision purement mécaniste qui régnait dans la science classique, voire à « réenchanter » le monde, ce qui recoupe les aspirations de plusieurs courants écologistes. Le but de cette conférence sera de mieux situer les partenaires en présence, en s’aidant d’une lecture historique. On montrera en particulier ce qui caractérise la science moderne et comment elle s’est constituée à partir de propositions théologiques. La distinction des plans est cohérente avec la tradition chrétienne. On montrera aussi que le réductionnisme scientifique est insuffisant et que notre approche du monde a tout à gagner à s’appuyer sur une pluralité de perspectives.

Avec le soutien de l’Université de Bretagne Occidentale (UBO)

François Euvé, jésuite, est ancien élève de l’ENS (Cachan), agrégé de physique et docteur en théologie, professeur de théologie fondamentale et dogmatique. Rédacteur en chef de la revue Études, membre du Conseil de rédaction des Recherches de Science Religieuse, membre du Conseil de la Fondation Teilhard de Chardin.

Avec Etienne Klein, lui-même physicien, il a écrit le livre : « La science, l’épreuve de Dieu ? » (Salvator, 2023)

Jeudi 4 mai 2023, à 20H, à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines Victor Segalen, 20 rue Duquesne à Brest. 

Compte rendu de la conférence témoignage d’un tchadien, Fortunat ALATARAT

Une soixantaine de personnes sont venues écouter le partenaire tchadien du CCFD-Terre Solidaire, jeudi soir à la salle Jean Monnet à Guipavas.

Ce tchadien, Fortunat Alatarat, est responsable bénévole de l’association GRAVE  (Groupe de Recherche et d’Animation du Vivre Ensemble) créée en 2016 sous l’impulsion du CCFD pour avancer sur le chemin de la réconciliation entre les musualmans arabophones du Nord et les chrétiens francophones du Sud. En proie à la violence et à des conflits incessants depuis la fin de la colonisation en 1960, dirigé par des hommes corrompus et motivés par le seul enrichissement de leur clan, ce pays est parmi les plus pauvres au monde et a besoin de retrouver la paix et la concorde pour avancer sur la voie du développement.

Fortunat a su captiver son auditoire qui a pris conscience des difficiles conditions de vie dans ce pays. Par exemple, Fortunat, enseignant en école publique, a des classes de terminale de plus de 120 élèves ! Et seulement un enseignant sur deux assure ses cours, les autres touchant le salaire sans remplir la fonction…

Fortunat a exposé les actions du GRAVE, avec ses succès et ses impasses.

Un travail fructueux est mené avec les écoles coraniques. Dans ces écoles, les maîtres, autoproclamés et sans formation, envoyaient leurs élèves mendier, afin de payer leur « scolarité », et pratiquaient des châtiments corporels.  Ces enfants maltraités étaient ensuite des proies faciles pour les mouvements djihadistes qui les recrutaient comme combattants. Fort de ce constat reconnu par tous, le GRAVE a obtenu que, dorénavant, les maîtres reçoivent une formation avant d’enseigner et suivent un programme pour assurer à leurs élèves un apprentissage élémentaire, lire et écrire l’arabe, compter, etc… en plus de la découverte du Coran. Et ce ne sont plus les enfants qui doivent payer leur scolarité mais leurs parents !

Pour lutter contre les préjugés, fauteurs de haine, le GRAVE agit auprès des chefs religieux, des jeunes et des femmes en créant des groupes d’échanges. Apprendre à se connaître et se découvrir proches par delà les différences de religion, permet de monter ensuite des projets au service du bien commun.  Ainsi, les femmes ont pris en main la gestion des greniers communautaires pour tenir pendant la période de soudure entre deux récoltes, ce qu’elles font très bien, contrairement aux hommes qui vivaient au jour le jour !

Dans deux domaines, le GRAVE n’obtient pas d’avancée jusqu’à présent :

La reconnaissance des enfants nés hors mariage : les jeunes musulmans qui engrossent des jeunes chrétiennes, nient ensuite toute responsabilité, au grand dam des familles de ces jeunes filles. D’ailleurs, les musulmans tchadiens mettent parfois la loi musulmane, la charia, au-dessus de la loi civile du pays.

Les conflits entre éleveurs et agriculteurs n’obtiennent pas de solution. Les éleveurs, souvent de riches propriétaires du Nord, embauchent des bergers et les arment, si bien que ceux-ci ne respectent aucun couloir de transhumance et laissent les bêtes pâturer sur les terres agricoles.

Fortunat a mentionné l’implication des évêques tchadiens qui n’hésitent pas à rappeler les uns et les autres à leurs responsabilités. Il a aussi laissé entendre son espoir de voir la société civile gagner en esprit critique et exiger de ses dirigeants de se mettre réellement au service du pays.