« Peut-on parler des religions à l’école ?  » Isabelle Saint Martin

Isabelle Saint Martin que nous avons reçue en décembre 2017 pour parler de « l’enseignement du fait religieux à l’école » vient de publier « Peut-on parler des religions à l’école ? », aux éditions Albin Michel. Ce livre reprend une partie de sa conférence en insistant tout particulièrement sur une approche du fait religieux par l’art.

En 2002, le rapport Debray affirmait l’importance de reconnaître et d’enseigner le fait religieux. Pourtant, plus de quinze ans après, alors que la question a resurgi avec les attentats de 2015, le sujet revient à échéance régulière dans les discours politiques et l’on s’affronte encore sur les manières de s’y prendre ou sur le risque d’une atteinte à la laïcité. Au-delà de la chronique du débat sur l’enseignement des faits religieux, l’ouvrage propose une lecture distanciée des résistances et des difficultés mais aussi des avancées réalisées au fil des réformes successives des programmes. Que sont les « faits religieux » et en quoi est-il laïque de les aborder en classe ? Comment respecter le principe de neutralité sans esquiver le sujet ? Si l’histoire est souvent en première ligne, un plaidoyer particulier est consacré ici à l’approche par les arts, tant leur étude donne accès aux univers symboliques des religions, en favorisant tout à la fois une fine contextualisation et la sensibilité du regard.

Colloque interreligieux de Saint Jacut « Sacrée Sexualité – Vivre Corps et Âme »

UN WEEK-END ENTIÈREMENT CONSTRUIT PAR ET POUR LE DIALOGUE INTERCONVICTIONNEL

/ Des témoins, des experts, des théologiens issus des principales traditions spirituelles
/ La participation active des jeunes du mouvement interconvictionnel Coexister
/ En partenariat avec Les Amis de la Vie et l’Institut des Hautes Etudes du Monde Religieux

Les religions apparaissent souvent comme des ennemies de la sexualité. Ou, pour le moins, comme des instances de contrôle ou de refoulement, empêchant les hommes et les femmes de jouir librement et sans entraves. Pourtant, au-delà des tabous, des interdits et des idées reçues, en cherchant à humaniser la sexualité et à lui donner une autre dimension, elles jouent aussi un rôle positif.

Dans la Bible, l’érotisme – souvent sublimé – n’est jamais condamné, qu’il soit pur objet de satisfaction ou qu’il préserve la continuité des générations. Tout le Cantique des Cantiques est travaillé par l’idée d’une sanctification des relations entre l’amant et sa bien-aimée, comme métaphore des liens entre Dieu et l’humanité. Bien plus permissif qu’on ne l’imagine, l’islam laisse libre cours à une sexualité de couple, riche et épanouie. A la différence du catholicisme qui a longtemps limité l’acte charnel à sa seule dimension de reproduction, niant à la sexualité sa part de jouissance, l’islam classique valorise au contraire le plaisir, la sensualité et l’érotisme.

Dans les Eglises chrétiennes, de nombreux pasteurs et théologiens développent aujourd’hui un discours plus en prise avec la culture et les pratiques contemporaines. Face aux scandales et aux abus sexuels qui ont ébranlé l’Eglise catholique (des affaires qui révèlent aussi les hypocrisies, les incohérences et les dérives d’un enseignement qui apparaît souvent décalé, pour ne pas dire dépassé), ils plaident pour une approche plus ouverte, plus réaliste et sans doute plus juste.

Comment concilier l’amour de la chair et l’amour de Dieu ? La foi peut-elle aider à vivre sa sexualité ? De la Bible au Coran, en passant par les Evangiles, que disent exactement les textes des choses du sexe ? Homosexualité, virginité, polygamie, fellation, masturbation, sodomie, préservatif, contraception, désir, plaisir… Qu’en disent les religions ? Et comment peuvent-elles prendre en compte la diversité des pratiques et des orientations dans ce domaine ? Que penser de la théorie du genre et des théologies du corps ? L’érotisme peut-il nourrir un élan spirituel ? Comment concilier la liberté individuelle, la recherche d’épanouissement et le respect de l’autre ? Des questions auxquelles nous tenterons de répondre avec les nombreux experts, universitaires ou théologiens, qui interviendront lors de ce colloque.

DEPLIANT Colloque_Inter_Religions 2020

conférence de Stéphanie Laithier : « L’antisémitisme d’hier à aujourd’hui. Eléments d’histoire et problématiques contemporaines »

    Le 20 janvier 2020, Credi 29 a reçu Stéphanie Laithier

« L’antisémitisme d’hier à aujourd’hui. Eléments d’histoire et problématiques contemporaines »

       Si la haine des Juifs a une très longue histoire, elle est malheureusement bien plus qu’un simple souvenir historique et fait encore régulièrement la une de l’actualité, les actes à caractère antisémite ayant enregistré une forte recrudescence ces dernières années, notamment en France. Outre cette augmentation des comportements délictueux, dont certains ont abouti à des crimes, plusieurs études récentes attestent du renforcement de stéréotypes et de préjugés négatifs à l’encontre des populations juives, dont l’école est désormais, parmi d’autres espaces, un terrain d’expression privilégié. Aujourd’hui, l’antisémitisme a plusieurs « sources d’inspiration », recyclant à la fois des mythes du passé qui situent les Juifs dans un champ occulte et malfaisant, et usant dans le même temps de fantasmes plus récents, notamment liés aux développements de l’histoire contemporaine du Proche-Orient et à la réaffirmation de théories conspirationnistes.

          Je tenterai d’abord de poser un regard historique sur ce phénomène ancien et protéiforme, en interrogeant les diverses dénominations, les sources et les constructions à travers le temps et les contextes, puis j’essaierai d’examiner, selon une démarche plus sociologique, ses évolutions notables au cours des dernières décennies. À ce propos, j’insisterai particulièrement sur ses manifestations et sur ses effets au sein de la société française actuelle, avant de livrer quelques considérations qui porteront plus spécifiquement sur la question de l’enseignement et qui s’inscrivent dans une réflexion plus générale sur l’urgente et absolue nécessité d’en limiter l’expression et la propagation.

Vous trouverez ici des notes prises lors de la conférence de Stéphanie Laithier

Stéphanie Laithier est historienne, chargée de recherche et d’étude à l’Institut européen en Sciences des religions (IESR) au sein de l’École Pratique des Hautes Études (Paris). Agrégée d’histoire, elle est également diplômée en études germaniques et diplômée de l’Université hébraïque de Jérusalem.

Ses domaines d’intérêt sont l’histoire et la sociologie du judaïsme, l’histoire du sionisme et d’Israël, l’histoire du conflit israélo-palestinien.

Lundi 20 janvier 2020, à 20H, faculté des Lettres et Sciences Humaines Victor Segalen, 20 rue Duquesne, Brest.

Conférence de Yann Boissière : Diversités de convictions et construction d’un espace commun

Le 6 novembre 2019, Credi 29 a reçu Yann Boissière 

Diversités de convictions et construction d’un espace commun

« A l’heure où la France tend à se fragmenter et à se replier en « communautés » arc-boutées sur leurs « identités », « les Voix de la Paix » sont convaincues que la diversité des identités et des convictions est une richesse pour la nation, et que la laïcité offre le cadre idéal pour nous permettre de vivre-ensemble.

Imaginées comme un mouvement porteur de dialogue entre les religions, spiritualités et mouvements philosophiques au sens le plus large, et la République, en insistant sur son attribut de laïcité, « les Voix de la Paix » se sont d’abord structurées autour d’un événement public : la journée inter-convictionnelle du 22 mars 2016 à la Mairie de Paris. Elle poursuit aujourd’hui son action sur le terrain, dans les entreprises et par divers événements réfléxifs.

L’approche inter-convictionnelle constitue le cœur, l’originalité et la valeur ajoutée des Voix de la Paix.

■ L’inter-convictionnalité fait sens selon un double contexte : d’une part le retour au sein de nos sociétés de conceptions politiques du religieux ; d’autre part un certain essoufflement de nos institutions politiques, qui conduit des voix toujours plus nombreuses à exprimer un besoin de spiritualité, une recherche de sens.

  • Dans ce cadre, la notion de « conviction » prend une importance nouvelle. Par rapport à la « croyance », la « conviction » — où s’entend le mot « convictum », version antique de notre actuel « vivre-ensemble » — apparaît moins intellectualiste, plus émotionnelle, plus tournée vers l’autre.
  • Par ailleurs, on « tient » à ses convictions, on se « bat » pour elles, mais avant tout on les partage.  Cet aspect exprime une demande sociale de reconnaissance, de plus en plus affirmée par l’individu post-moderne. »

Vous trouverez ici des notes prises lors de cette conférence

Rabbin au MJLF (Mouvement Juif Libéral de France), Yann Boissière a co-traduit deux ouvrages de Yeshayahu Leibowitz, publiés aux Editions du Cerf : Corps et Esprit, le problème psycho-physique (2010), et Les fondements du judaïsme. Conversations sur les « Pirquey Avot » (« Maximes des pères ») et sur Maïmonide (2007). Il a rédigé les articles « Spiritualité » et « Le livre brûlé, Marc-Alain Ouaknin » du Dictionnaire du Judaïsme français depuis 1944 (dir. Jean Leselbaum & Antoine Spire, Armand Colin, Le Bord de l’Eau, Paris, 2013).

Organisateur de l’événement « les Voix de la Paix », journée inter-convictionnelle qui a réuni, le 22 mars 2016, toutes les religions et des voix non-religieuses à la Mairie de Paris, il est aujourd’hui président de l’association les « Voix de la Paix », qui poursuit ce travail sur le terrain, auprès des institutions républicaines et au sein du monde de l’entreprise. Dans ce cadre, il intervient sur tous les enjeux sociétaux de l’actualité : mariage pour tous, laïcité, médecine et fin de vie, dialogue inter-religieux et inter-convictionnel, rapports entre religions et laïcité, comment vivre ses convictions en société, et plus généralement sur toutes les questions liées au « vivre-ensemble » et au « faire ensemble ».

Engagé ces deux dernières années dans une activité de conseiller, conférencier et co-créateur de sens en entreprise, il intervient également sur les sujets de transformation des entreprises (changement, management, leadership), les modes relationnels (confiance, diversité, empowerment), l’avenir du travail (relation hommes – machines, impact social de la numérisation) et la question des « nouvelles dignités humaines » en contexte de disruptions technologiques (numérisation, transhumanisme, singularité).

Dernier ouvrage, « Eloge de la Loi », Editions du Cerf, 2018. A paraître : « Aimer ce jour », aux Editions Tallandier, début 2020.

Mercredi 6 novembre 2019 à 20H, Faculté de Lettres et Sciences Humaines Victor Segalen, 20 rue Duquesne, Brest

Conférence de Jacqueline Lagrée : La religion minimale et ses incidences pratiques

Conférences de Credi 29 :

Credi 29 a reçu Jacqueline Lagrée pour une conférence sur le thème :

La religion minimale et ses incidences pratiques

La volonté de mettre de l’ordre dans le foisonnement des croyances religieuses et des rites est aussi ancienne que la réflexion philosophique sur la religion. On la trouve chez Cicéron dans le traité Sur la nature des dieux, chez Jean Bodin (fin XVIe siècle) par le comparatisme religieux, chez Lord Herbert of Cherbury (début XVIIe) qui tente d’élaborer une religion naturelle, constituée par le noyau commun, le plus petit dénominateur de toutes les religions.

Cette réflexion s’approfondit chez Spinoza avec le Traité théologico-politique, publié en 1670 qui fonde l’interprétation scientifique de l’Écriture sur le modèle de l’analyse scientifique de la nature. Il réduit l’essentiel de la religion à son noyau éthique et propose, à la suite de Cherbury, un credo minimum commun à toutes les religions. Les effets de cette simplification sont la défense de la liberté de pensée, le contrôle des clercs par l’État, la tolérance civile.

Et aujourd’hui ? On observe chez bien des croyants un supermarché du religieux contre un repli traditionnaliste voire intégriste. Mais cela conduit aussi à la promotion de substituts discutables : une religion de l’écologie ou l’appel aux philosophes sur tous les sujets y compris ceux sur lesquels ils ne sont pas compétents.

Tous ces thèmes méritent donc d’être discutés.

Cette conférence a été très appréciée par les auditeurs et Jacqueline Lagrée a eu la gentillesse de nous en donner le texte que vous trouverez sur notre site.

Jacqueline Lagrée est professeur émérite de philosophie de l’université de Rennes. Elle a aussi enseigné à Brest de 1993 à 1996. Ses travaux universitaires portent essentiellement sur Spinoza, le néostoïcisme et la religion naturelle. Mais elle travaille aussi sur des questions d’éthique médicale et elle est membre du comité d’éthique de Rennes et de l’Espace de Réflexion Ethique de Bretagne.

Bibliographie succincte :
Spinoza et le débat religieux PUR 2004
La religion naturelle PUF 1991
Le néostoïcisme Vrin 2010
Le médecin, le malade et le philosophe PUR 2017

Jeudi 26 septembre 2019 à 20H, Faculté de Lettres et Sciences Humaines Victor Segalen, 20 rue Duquesne, Brest

Décès de Pierre Chamard-Bois

Pierre Chamard-Bois est décédé le lundi 8 avril 2019 à Brest à l’âge de 68 ans. Plusieurs membres du CREDI participaient à ses obsèques le mercredi 10 dans l’église de Plouzané, pour lui exprimer notre amitié et notre reconnaissance et manifester à sa famille que nous partagions sa peine.

Pierre a fait partie dès son lancement du groupe de travail de l’église catholique qui a abouti, après s’être ouvert à des personnes d’autres religions ou « cultures », à la création de l’association « Cultures et religions en dialogue » au mois de juin 2006. Il n’a cessé depuis cette date de participer à la vie de l’association, dans le temps que lui laissait son travail dans les premières années, puis ses multiples activités, animations de groupes bibliques, week-ends, retraites ou sessions, etc … A partir de février 2013, il a accepté d’assurer pendant quelques années la vice-présidence du CREDI. Tant que la maladie lui en a laissé la possibilité, Pierre est resté présent aux activités du Credi, en particulier dans sa présence active à l’atelier de connaissance du judaïsme et en co-animant à Quimper l’atelier « Bible et Tao ».

Merci Pierre

Conférence de Jean-Marc Ferry : Les nouvelles croyances

Le mardi 26 mars, Credi 29 a reçu Jean-Marc Ferry pour une conférence :

LES NOUVELLES CROYANCES

En liaison avec le développement de l’Internet de nouvelles croyances montent en puissance. Elles interfèrent les unes avec les autres, en un imaginaire que l’on dirait mythique, un « pays des merveilles » qui entre parfois en résonance avec certaines embardées de la vulgarisation scientifique. Le phénomène mérite d’être pris au sérieux, et pas seulement d’un point de sociologique. Philosophiquement, il est permis d’y voir un appel à élargir notre précompréhension de l’être, c’est-à-dire notre conception plus ou moins explicite de ce qui est réel ou irréel, possible ou impossible.

La question métaphysique par excellence se maintient : qu’est-ce que le réel ?

Vous trouverez ici des notes prises lors de cette conférence

Jean-Marc Ferry, philosophe, est Professeur honoraire de l’Université libre de Bruxelles, titulaire de la Chaire de Philosophie de l’Europe, de l’Université de Nantes.  Parmi ses publications : Les Grammaires de l’intelligence (2004), La République crépusculaire (2010), La Religion réflexive (2010), Les Lumières de la religion (2013), La Raison et la foi (2016).

mardi 26 mars 2019 à 20H, Faculté des Lettres et Sciences Humaines Victor Segalen

Vivre la rencontre islamo-chrétienne à la lumière de Tibhirine

Du 8 au 10 mars 2019, Credi 29 a participé au week-end « Vivre la rencontre islamo-chrétienne à la lumière de Tibhirine » organisé à la maison d’accueil de l’Île Blanche à Locquirec.

Vivre l’esprit de Tibhirine aujourd’hui.

Depuis plus de 20 ans, le chemin ouvert par les moines de Tibhirine se poursuit.

Pris dans la tourmente de la guerre civile en Algérie avec tous les habitants, ils se considéraient d’abord comme « des priants parmi d’autres priants ». Leur choix de continuer de vivre dans la paix au milieu du peuple algérien les aura amenés lucidement à accepter la possibilité du don de leur vie.

Le sens de leur présence, spécialement le choix de la non-violence, de la rencontre interculturelle et interreligieuse, féconde toujours nos recherches et nos pratiques contemporaines.

Chrétiens et musulmans, si nous sommes engagés dans le dialogue islamo-chrétien, comment l’esprit de Tibhirine peut-il l’éclairer ?  Un esprit fait d’humilité et de simplicité, de vérité et d’hospitalité, en partant de nos rencontres, le plus souvent de proximité, pour faire vivre autour de nous la fraternité, l’accueil, le partage, à partir de nos traditions spirituelles et religieuses.

Du 8 au 10 mars 2019, ce week-end a rassemblé une centaine de personnes qui se sont retrouvées dans une ambiance de bienveillante amitié, de découvertes et de partage joyeux.

120 participants environ, catholiques, protestants et musulmans, en provenance de tout le grand Ouest : Angers, Nantes, Rennes, Brest, Lannion, Morlaix…. se sont retrouvés à l’Île Blanche.

Plus de vingt ans après le drame, l’esprit de Tibhirine est encore très présent sous des formes variées (publication des écrits des moines, partage dans des groupes interreligieux, réalisation de lieux mémoriels, recherches théologiques, spirituelles, monastiques) et reste aujourd’hui une « boussole » pour bon nombre de contemporains.

Les actualités renforcent l’intérêt de la démarche, initiée il y a plus d’un an : béatification des moines, message commun du pape François et de Ahmed al Tayeb, l’imam d’Al-Azhar à l’issue de leur rencontre à Abu Dhabi, manifestations en Algérie, attentats en Nouvelle-Zélande…

  • Tables-rondes avec de « Grands témoins » : Mgr Claude Rault, évêque émérite de Laghouat-Ghardaïa (Algérie), P. Jean-François Petit (prêtre assomptionniste et professeur à l’Institut catholique de Paris), Khaled Roumo (poète et romancier d’origine syrienne)
  • Présentation d’actions, d’expériences de dialogue inter-religieux : association CREDI dans le Finistère, association Tibhirine à Nantes, couple mixte, famille de moines, pardon des Sept saints au Vieux-Marché etc…
  • Témoignages de jeunes musulmans et de jeunes chrétiens qui s’impliquent dans une démarche du « vivre ensemble » dans le cadre d’associations comme les Scouts et Guide de France ou encore ESPOIRS à Lannion et COEXISTER à Brest, en France et en Europe.

Les organisateurs de cette rencontre et soeur Thérèse Revault, au nom de la communauté qui participe à l’animation de cette Maison d’accueil, se sont réjouis de la qualité des échanges menés dans une ambiance décontractée et conviviale.

La rencontre s’est achevée par la plantation d’un olivier, arbre hautement symbolique, avec l’espoir que cette rencontre portera des fruits.

Vous trouverez ici quelques photos de ce week-end :

 

Déclaration de Credi 29 à l’intention de la communauté Juive du Finistère

Déclaration de Credi 29 à l’intention de la communauté Juive du Finistère

Dans le respect des convictions de chacun, notre association veut favoriser la rencontre entre personnes appartenant à diverses traditions.

C’est pourquoi nous exprimons notre indignation devant les dernières manifestations d’antisémitisme et plus largement notre préoccupation devant leur recrudescence.

A vous, communauté juive de Brest, nous souhaitons exprimer notre union de pensée et notre soutien.

Ceux d’entre nous qui sont chrétiens, regrettant les erreurs du passé de nos églises, reconnaissent aujourd’hui dans le judaïsme les racines de leur foi  et  vous appellent frères, faisant leurs ces paroles du pape Jean-Paul 2 en 1986 à la synagogue de Rome :

« La religion juive ne nous est pas extrinsèque, mais, d’une certaine manière, elle est intrinsèque à notre religion. Nous avons donc avec elle des rapports que nous n’avons avec aucune autre religion. Vous êtes nos frères préférés, et d’une certaine manière, on pourrait dire nos frères aînés ».

Ils font leurs aussi ces derniers mots de la déclaration fraternelle de la Fédération protestante de France au judaïsme en 2017 :

« La solidarité et la fraternité entre juifs et chrétiens constituent un jalon significatif de cette espérance suprême qui tend vers cet horizon d’une humanité rassemblée et pacifiée autour du Dieu Un et Unique. »

A Brest, le vendredi 15 février 2019

Conférence de Dominique Avon : Dimensions religieuses des conflits contemporains au Proche et Moyen Orient.

Le 17 janvier 2019, Credi 29 a reçu Dominique Avon :

Dimensions religieuses des conflits contemporains

au Proche et Moyen Orient

Le 6 septembre 2016, en réponse aux déclarations lancées par le guide suprême iranien ‘Alî Khameney contre la dynastie saoudienne, le grand mufti d’Arabie Saoudite ‘Abd al-‘Aziz ‘Al al-Shaykh déclara dans le quotidien Makkah : « Il nous faut comprendre que ceux-là [les religieux qui dirigent l’Iran] ne sont pas musulmans, ils sont les fils des majûs [zoroastriens] et leur hostilité envers les musulmans est ancienne, elle menace les gens de la Tradition et de la Communauté [sunnites] ». Ces propos échangés par deux des plus hautes autorités religieuses à la veille du Hajj, peuvent être analysés comme une simple déclinaison de la rivalité entre deux puissances rivales, l’Iran et l’Arabie Saoudite, ayant rompu leurs relations diplomatiques et se battant par alliés interposés au Moyen-Orient. D’autres conflits et alliances obligent cependant à une lecture complémentaire, nécessaire pour prendre la mesure de la profondeur des déchirures et crises qui ne peuvent être ramenées à la présentation d’un affrontement sunnito-chiite, judéo-musulman ou islamo-chrétien atemporel. A l’automne 2018, avec en toile de fond l’enjeu de l’influence des Frères musulmans dans la région, c’est une guerre intellectuelle qui voit s’affronter le Qatar et les Emirats Arabes Unis, deux Etats se réclamant du sunnisme et dont les leaders d’opinion s’accusent mutuellement de dévoyer l’islam.

Vous trouverez ici des notes prises lors de cette conférence

Directeur d’études à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, chaire « Islam sunnite », Dominique Avon est historien contemporanéiste. Il a été Maître de Conférences à l’Université Montpellier III, puis Professeur à l’Université du Maine. Il a enseigné en Egypte (1992-1994), au Liban (2004-2005) et aux Etats-Unis (2014). Membre du Groupe Sociétés, Religions, Laïcités. (UMR 8285), il dirige la collection DCIE (éditions Peter Lang).

Jeudi 17 Janvier 2019 à 20 heures à la faculté des Lettres et Sciences Humaines Victor Segalen,