Le mercredi des Cendres est le premier jour du Carême, temps de prière, d’aumône et de jeûne pour les chrétiens, qui prépare à la fête de Pâques.
Avec de la cendre, le prêtre trace une croix sur le front ou dans les mains des croyants en les invitant à changer de vie et à croire à la Bonne Nouvelle. C’est un appel à revenir vers Dieu. De même, c’est un appel au pardon et à la réconciliation avec les autres.
Le Carême débute le mercredi des Cendres, et dure 40 jours (sans compter les dimanches). Cette période de 40 jours symbolise les 40 jours passés par Jésus dans le désert après son baptême, mais fait aussi référence à de nombreux épisodes bibliques, comme les 40 ans pendant lesquels le peuple hébreux a marché dans le désert avant d’entrer dans la terre promise, les 40 jours pendant lesquels Moïse a jeûné avan de recevoir les tables de la Loi, …
Auteur : credi
Journée mondiale de prière des femmes
La Journée Mondiale de Prière (JMP) des femmes est un mouvement œcuménique mondial initié par des femmes chrétiennes à la fin du XIXème siècle. Chaque année, les femmes d’un pays différent conçoivent et rédigent une célébration œcuménique pour une journée de prière commune, le premier vendredi de Mars.
La devise de la JMP « s’informer, prier, agir ».
Cette année le thème « Venez ! Je vous donnerai le repos » a été choisi par les femmes du Nigéria.
https://journeemondialedepriere.fr/
Pour Brest, cette célébration aura lieu le Vendredi 6 mars à 15H, à la chapelle de la communauté des Soeurs de l’Agneau de Dieu, 85 route du Vieux St Marc, à Brest.
Pour Quimper, cette célébration aura lieu le dimanche 26 avril, à 10h30 , au temple protestant – 10 rue de Kergariou.
le groupe ShalomSalam
Le groupe ShalomSalam a été créé peu après le 7 octobre 2023 par des citoyens israéliens, Juifs et Arabes, partageant le même effroi face aux massacres perpétrés par le Hamas et aux souffrances des civils palestiniens, exprimant aussi le même espoir d’une paix réelle dans le cadre d’une réconciliation globale entre les descendants d’Isaac et d’Ismaïl.
Ce groupe de dialogue judéo-arabe francophone, Shalom Salam, organise régulièrement des webinaires où sont invités des membres de diverses tendances politiques et confessions, au Proche-Orient, au Maghreb et en Europe, des journalistes, des responsables associatifs, des parlementaires nationaux ou européens.
Vous pouvez revoir certains de ces webinaires en cliquant sur les liens ci dessous :
1) Situation politique et militaire en Israël et à Gaza après huit mois de guerre (2 juin 2024)
GazaIsrael, après 8 mois de guerre. Quel bilan militaire Quelles perspectives politiques ?
Avec Jacques Neriah, ancien conseiller diplomatique du Premier ministre israélien, Yitzhak Rabin, Denis Charbit, professeur de sciences politiques, Amir Badran, élu du parti dit « arabe » Hadash au conseil municipal de Tel-Aviv, Bouchera Azzouz, cinéaste et féministe.
2) Crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide ? Comment qualifier les actions respectives du Hamas et de l’armée israélienne dans la guerre en cours ? (20 juin 2024)
Avec Céline Bardet et Shoshana Levy, juristes, spécialistes du droit pénal international.
3) Israël entre démocratie et tentation théocratique (26 septembre 2024)
ISRAEL ENTRE DEMOCRATIE ET TENTATION THEOCRATIQUE
Avec le rabbin du courant massorti Rivon Krygier, auteur du livre « Fondamentalisme et humanisme dans le judaïsme », la journaliste Catherine Dupeyron, la docteure en théologie investie dans le dialogue interreligieux au sein de l’Institut Elijah Thérèse Andrevon-Gottstein, la féministe et cinéaste Bouchera Azzouz
4) Israël, impossible Etat normal (15 décembre 2024)
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Avec Denis Charbit, politologue, Adam Zeed, étudiant palestinien, citoyen d’Israël, Cécile Lemoine correspondante de La Croix en Israël, Gérard Benhamou, journaliste, Shira Ansky, engagée en Israël dans des actions communes avec des Palestiniens, Anne Baer, entrepreneure investie dans les relations économiques entre Israël, la France et les pays de la Méditerranée.
5) L’islam peut-il échapper au fondamentalisme ? (19 janvier 2025)
L’islam peut-il échapper au fondamentalisme ?
Avec Ghaleb Bencheikh, président de la Fondation de l’Islam de France, Rivon Krygier, rabbin du courant massorti, Florence Taubmann, présidente d’honneur de l’Amitié judéo-chrétienne de France, Bouchera Azzouz.
6) La paix avec ou sans état palestinien ?
- Après 16 mois de guerre, quel est l’état d’esprit des populations, en Israël, en Cisjordanie et à Gaza ?
- La fragile trêve à Gaza peut-elle déboucher sur un processus politique ?
- Y aura-t-il un jour un Etat palestinien ? Sinon, quelles solutions ?
7) ISRAEL/PALESTINE: QUEL ROLE POUR L’EUROPE ?
avec
– BERNARD GUETTA, journaliste spécialiste de géopolitique, député européen au sein du groupe Renew depuis 2019. Président de l’Intergroupe pour la solution à deux États, regroupant des membres de différents pays et partis politiques au Parlement européen.
– HIND KHOURY, économiste, ancienne ministre de l’Autorité Palestinienne, déléguée générale de la Palestine en France entre 2006 et 2010
– DANIEL SHEK, responsable diplomatique du Forum des otages, ambassadeur d’Israël en France de 2006 à 2010.
Interfestival des religions et des convictions : «Santé mentale : croire pour aller mieux ?»
L’Interfestival des religions et des convictions : «Santé mentale : croire pour aller mieux ?» a lieu du 24 au 26 janvier 2025 à l’abbaye St Jacut de la Mer.
Burn-out, dépression, isolement, stress, éco-anxiété, addictions, phobies, crises d’angoisse… Dans un récent rapport, l’Organisation Mondiale de la Santé estime qu’une personne sur quatre présenterait au cours de sa vie un ou plusieurs troubles mentaux. L’ampleur de ce phénomène devrait faire de la santé mentale une priorité en termes de santé publique.
Qu’en disent les religions ? Peuvent-elles être une voie de guérison ? La foi et la spiritualité pourraient-elles nous aider à sortir de nos angoisses ou de nos mal-êtres ? Quelle place peut avoir notre intériorité pour prendre soin de soi et des autres ? Croire peut-il nous aider à aller mieux ? Autant de questions auxquelles seront tentés de répondre les experts, universitaires et théologiens issus des différentes traditions religieuses ou philosophiques qui participeront à cette rencontre.
Vous pouvez retrouver ici quelques-unes des interventions : https://www.abbaye-st-jacut.com/mediatheque
Semaine de prière pour l’unité chrétienne 2025
Semaine de prière pour l’unité chrétienne 2025
Chaque année, le principal temps fort œcuménique demeure la « Semaine de prière pour l’unité chrétienne » qui, depuis 1908, rassemble des chrétiens de toutes confessions en janvier, pour 2025 du 19 au 26 janvier.
Pour l’année 2025, les prières et réflexions de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens ont été préparées par les frères et sœurs de la communauté monastique de Bose, dans le nord de l’Italie.
Le thème de cette année est : « Crois-tu cela ? » (Jean 11,26)
Cette année marque le 1700e anniversaire du premier concile œcuménique, qui se tint à Nicée, près de Constantinople, en 325. Cette commémoration nous offre une occasion unique de réfléchir à la foi commune des chrétiens et de la célébrer, telle qu’elle est exprimée dans le Credo formulé lors de ce concile ; une foi qui, encore aujourd’hui, reste vivante et porte des fruits. La Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2025 est une invitation à puiser dans cet héritage commun et à pénétrer plus profondément dans la foi qui unit tous les chrétiens.
À l’occasion des 1700 ans du concile œcuménique de Nicée, le Conseil des Églises Chrétiennes en France (CECEF) organise une rencontre-évènement à Lyon les 18 et 19 janvier 2025, au début de la semaine pour l’unité des chrétiens. Pour cette occasion, les producteurs des émissions orthodoxe, oriental, protestant et catholique du dimanche sur France 2 ont décidé de s’associer à cet événement à travers la diffusion d’une célébration nationale de l’anniversaire du symbole de Nicée avec les co-présidents du CECEF Mgr Eric de Moulins-Beaufort, le pasteur Christian Krieger, le métropolite Dimitrios Ploumis ainsi que Mgr Krikor Khachatrian évêques des arméniens apostoliques de France. La célébration sera principalement animée par la chorale œcuménique de Lyon.
Vous pouvez retrouver la célébration d’ouverture depuis le Grand Temple de Lyon sur le lien suivant : https://youtu.be/X8NBPomDcTc
Peut-on parler d’indifférence religieuse ?
Conférences de Credi 29 : Credi 29 vous invite à la prochaine conférence de :
Jean-Marie DONEGANI
Peut-on parler
d’indifférence religieuse ?
Les sondages d’opinion estiment aujourd’hui que plus d’un quart de la population serait « sans religion ». La proportion n’était que de 10% en 1974.
Cette conférence expliquera pourquoi ce phénomène n’est pas la marque d’une indifférence voire d’un dédain envers la question religieuse mais plutôt la conviction de beaucoup de nos contemporains qu’une recherche religieuse dépasse toute appartenance particulière. La reconnaissance d’une pluralité d’options religieuses s’accompagne d’un primat de l’expérience personnelle et d’une recherche d’authenticité.
Avec le soutien de l’Université de Bretagne Occidentale (UBO)
Jean-Marie Donegani est politiste et professeur émérite des Universités.
Il est l’auteur de « La liberté de choisir. Pluralisme religieux et pluralisme politique dans le catholicisme français contemporain ».
Notes prises lors de la conférence
Mercredi 4 Décembre à 20H – Faculté des Lettres et Sciences Humaines, 20 rue Duquesne, 29200 Brest
« Chrétiens africains et ultramarins en migration : tensions culturelles et religieuses »
Journée d’études du CRBC : Chrétiens africains et ultramarins en migration : tensions culturelles et religieuses
Lundi 14 octobre 2024 – 9 H – faculté de Lettres et Sciences Humaines Victor Segalen – UFR Lettres et Sciences humaines, Brest, bâtiment C, 3e étage, en salle C219.
Cadre et objet de la journée
Cette journée est consacrée à des aspects peu connus des migrations. Si les questions de l’Islam et de son intégration dans une société sécularisée et laïcisée sont depuis longtemps des questions publiques et politiques, celles de la présence de créoles ou d’Africains dans les communautés catholiques ou protestantes génère des tensions plus discrètes mais plus ou moins aiguës et qui modifient parfois substantiellement les « styles » religieux établis. C’est ce que l’on peut observer dans nombre de communautés protestantes « évangéliques » où les migrants sont de plus en plus nombreux, et même dans des paroisses catholiques.
Le phénomène a été étudié méthodiquement dans des paroisses catholiques de Lyon et Paris sous l’angle des modes d’expressions propres à des migrants et des tensions qu’elles peuvent provoquer parfois avec le clergé et les fidèles habituels
Outre des analyses de terrain et dans le prolongement du travail mentionné ci-dessus, nous introduirons dans cette journée une réflexion illustrée sur l’usage réfléchi de la photographie comme instrument d’objectivation et d’interprétation, qui nous semble utile et féconde pour les terrains « anthropologiques ».
Centrée sur les comportements liturgiques, sans écarter d’autres dimensions, une partie de cette journée s’inscrit dans le champ large des questionnements sur la culture et l’identité. Les pratiques et productions collectives dans la liturgie sont analysées de manière différenciée avec, souvent, des questionnements de premier plan, portant notamment sur des dimensions symboliques fortes, des conflits ou luttes de propriété symbolique, alors que d’autres manifestations, plus discrètes, sont mobilisées de manière plus épisodique, en fonction d’enjeux contextualisés. Divers travaux d’anthropologie culturelle nous montrent à quel point, jusque dans l’intimité infracorporelle, les techniques du corps sont apprises et partagées en groupe. D’autres nombreux travaux indiquent l’importance des codes de civilité et d’interaction.
La prise en compte des tensions internes au clergé suite à la présence non marginale de prêtres africains (mais aussi polonais), permettra de focaliser sur la question du pouvoir et de l’autorité mais aussi sur la maîtrise inégale des codes culturels locaux et traditionnels par ce clergé « remplaçant », et les rapports qu’il entretient avec les autochtones laïcs et prêtres.
Contributeurs
- Sophie Bava, Marseille
Socio-anthropologue à l’IRD, membre de l’UMR AMU-LPED, coordinatrice du laboratoire mixte international Movida. Rédactrice de la revue Afrique(s) en Mouvement et chargée de mission Afrique-Méditerranée au sein de l’institut SoMuM. - Malik Nejmi, Orléans
Photographe. Par sa pratique artistique, il a partagé un terrain au Maroc avec les anthropologues Sophie Bava et Bernard Coyault. Ils ont réalisé collectivement l’ouvrage Dieu va ouvrir la mer. Christianismes africains au Maroc, IRD éditions/ Kulte édition, 2022. - André Rousseau, Brest
Sociologue, chercheur associé au CRBC. Il est notamment l’auteur de Pour une sociologie de la crise catholique. France, 1960-1980, CRBC éditions, 2015. - Corinne Valasik, Paris
Enseignante-chercheuse, maîtresse de conférences en sociologie, doyenne honoraire de la faculté des sciences sociales, économiques et de droit de l’Institut catholique de Paris, membre du laboratoire de recherche Groupe Société religions Laïcité GSRL-CNRS. Elle est notamment l’auteure de « Les prêtres africains en France : de nouveaux missionnaires ? », in Valérie Aubourg, Jacques Barrou et Cécile Campergue (éds.), Migrants catholiques en France. Ancrages sociaux et religieux, Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble Alpes, 2022, pp. 40-54. - Benjamin Vanderlick, Brest
Ethnologue et photographe. En qualité de photographe, il a été associé à l’ANR ReliMig coordonné par Valérie Aubourg (2016-2021). Avec Valérie Aubourg ils ont publié l’ouvrage de recherche et de photographie Dieu Merci, expressions catholiques africaines et créoles, éditions Libel, 2021. - Valérie Aubourg, Lyon
Ethnologue et professeure (HDR) de l’Université Catholique de Lyon où elle dirige l’UR CONFLUENCE : Sciences et Humanités (EA 1598). Elle conduit par ailleurs un projet de recherche collaboratif au sujet des populations catholiques issues de la diaspora et de la migration. Elle est membre associée du Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (CNRS-EPHE) et fellow à l’IC Migrations (institut convergence des migrations). Elle est coéditrice de l’ouvrage Migrants catholiques en France. Ancrages sociaux et religieux, Presses Universitaires de Grenoble, 2023. - Bernard Coyault
Anthropologue, chercheur associé à l’Institut des Mondes Africains. Il travaille sur les dynamiques religieuses des parcours migratoires, la pluralisation religieuse en Afrique subsaharienne.
Retour sur l’Interfestival des religions et des convictions : « L’art nous rend-il plus vivant ? » Mille et une voies d’éveil spirituel.
L’art nous rend-t-il plus vivant ? introduction de Laurent GRZYBOWSKI
Depuis l’époque préhistorique, l’être humain est un artiste dans l’âme. Des grottes de Lascaux aux cathédrales gothiques, des hiéroglyphes égyptiens aux temples incas, des statues de l’île de Pâques aux sept merveilles du monde, en passant par l’Alhambra de Grenade, d’innombrables œuvres picturales et architecturales témoignent de la beauté et de la richesse de notre histoire. Comment ne pas citer également les chants du monde ou les œuvres musicales de Mozart ou de Jean-Sébastien Bach ; les écrits d’Ibn Arabi ou de Victor Hugo, des mystiques, des poètes, des écrivains ; les créations théâtrales, chorégraphiques ou cinématographiques qui ont marqué notre histoire, sans oublier la photographie, la calligraphie, la bande dessinée, la sculpture ou l’art de la mosaïque.
L’occasion pour moi de remercier deux artistes présents parmi nous ce matin (deux artistes parmi d’autres) et tout au long du week-end. Ils animeront d’ailleurs chacun de leur côté un atelier : Chouki Derrouiche, sculpteur musulman ouvert à toutes les traditions spirituelles, qui sont pour lui autant de sources d’inspiration, et Sr Samuelle, religieuse catholique, mosaïste. Un grand merci à elle, à eux, d’avoir accepté d’exposer quelques-unes de leurs œuvres. Il y a un autre artiste que j’aimerais d’ores et déjà remercier : José Gurdak, pianiste et compositeur de musique, qui animera lui aussi un atelier de « sculpture musicale » avec Edith Fortin, chanteuse et psychomotricienne. Merci à eux !
L’art donne de l’éclat à la vie car avant d’être une activité culturelle, il est une activité de l’esprit. « Puissance spirituelle, il est le langage de l’âme », affirmait le peintre Kandinsky. Il éveille et transforme notre être intérieur. Au centre de toutes les religions, il incarne la puissance de représentation qui rapproche les humains des dieux ou de Dieu. « Tremplin vers l’Absolu », selon Hegel, il est aussi un remède de la vie affectée par les troubles, les malheurs et les angoisses de l’existence. Parce qu’il donne sens à notre vie et nous permet de goûter autrement notre quotidien, il vient souvent nous relever.
En novembre 2019, l’Organisation mondiale de la santé publiait un rapport qui affirmait pour la première fois l’impact bénéfique de l’art sur notre santé physique et mentale. Reposant sur 900 articles scientifiques, il stipulait que les activités artistiques étaient déterminantes pour notre épanouissement depuis notre conception à l’âge avancé, et devraient être généralisées aux cotés des protocoles thérapeutiques en milieu hospitalier, dans l’éducation mais aussi dans la vie de tous les jours pour améliorer notre bien-être.
Un an plus tard, le monde entier faisait face à l’épidémie de la Covid-19. Une crise qui provoqua des dégâts sanitaires, économiques et sociaux sans précédent et qui affecta durablement la santé mentale et psychique de beaucoup de nos concitoyens. « En limitant l’accès à l’art, on tue ce qui donne envie de vivre », explique le neurologue Pierre Lemarquis auteur d’un livre intitulé « L’art qui guérit ». En s’appuyant sur de nombreux exemples de l’histoire de l’art, de la philosophie et de la recherche médicale, l’auteur explique les étonnants pouvoirs de l’art sur notre bien-être, sur notre développement intellectuel et même sur certaines pathologies.
Selon la formule consacrée, l’art ‘sculpte et caresse’ notre cerveau. Car, pour ce neurologue, nous avons deux cerveaux. Une partie qui capte les informations qui nous entourent, qui les compare à ce que l’on a en mémoire, et avec laquelle on décide d’agir sur le monde en fonction des informations qu’on vient de recevoir. On agit pour rester en vie, ce que pourrait aussi bien faire un ordinateur. Mais, dans notre cerveau, nous avons une autre partie, moins rationnelle et plus archaïque, celle du plaisir et de la récompense.
L’art agit sur les deux : il sert à élargir notre état d’esprit, à nous apprendre de nouvelles choses, il agit sur la plasticité cérébrale et donc sculpte notre cerveau. Mais il agit aussi sur nos émotions, il caresse notre cerveau et stimule les hormones responsables du plaisir et de l’attachement : la dopamine, la sérotonine, l’ocytocine et la morphine endogène. Les 4 hormones du bonheur. Hormones que l’on active aussi en pratiquant un sport ou en se faisant des câlins. Or, ces hormones nous donnent envie de vivre. Les effets bénéfiques de l’art sont avérés depuis l’Antiquité. Dans la Grèce antique, Aristote évoque la libération des passions du spectateur grâce aux acteurs de théâtre. C’est ce qu’on appelle la catharsis. Notre ami metteur en scène Laurent Poncelet pourra nous en parler.
Retrouver le goût de vivre, c’est ce qui a fait des arts – et notamment de la musique – les activités parmi les plus plébiscitées au tout début de la crise sanitaire, et notamment pendant le premier confinement. On a même parlé de pandémie musicale, alors que se constituaient spontanément des formations musicales entre membres de familles confinées, voisins ou musiciens privés de scène par le biais du numérique. Plusieurs études ont démontré l’importance de la musique pour de nombreuses personnes pendant le premier confinement, notamment celle de l’Université McGill de Montréal, selon laquelle la musique est arrivée à la première place des activités pratiquées, avant la conversation avec des amis ou la cuisine.
« Non seulement la musique a été plus fréquemment citée comme activité refuge pour lutter contre le stress pendant le confinement, mais plus la pandémie avait un impact sur les gens, à cause de la perte d’un proche, des problèmes financiers, ou de l’isolement, plus ils se tournaient vers la musique, et moins ils étaient déprimés, » explique Emmanuel Bigand, neuropsychologue à l’Université de Bourgogne. « La musique est une caresse. Elle peut réguler notre humeur, modifier la biochimie de notre cerveau, et notamment réguler la sécrétion du cortisol, hormone du stress. On peut vraiment reprendre le courage et se sentir revitalisé. La musique est une super médecine non-invasive, » résume le spécialiste.
Et si la musique a rencontré une telle adhésion pendant la crise du Covid, c’est aussi parce qu’elle a répondu à nos besoins fondamentaux de connexion avec les autres. « Faire de la musique avec d’autres permet à nos cerveaux de se synchroniser. Cette synchronisation change la relation sociale, l’empathie que l’on a avec l’autre, la personne nous parait beaucoup plus sympathique et on rentre dans une relation de collaboration. Cette relation d’attachement à l’autre est un besoin de tous les instants de la vie de l’être humain, mais s’accentue en période de crise. Le fait de se synchroniser avec les autres brise notre isolement et nous redonne confiance, » conclut le chercheur.
J’échangeais hier dans la voiture avec Christèle Daire, du Secours catholique qui, me faisant part de son expérience avec les personnes en précarité ou cabossées par la vie qu’elle rencontre, me disait que la création artistique, en l’occurrence l’expression théâtrale, était un formidable moyen de découvrir les trésors enfouis en soi. L’activité artistique nous permet de devenir plus authentique. Au contact de la matière, qu’il s’agisse d’un instrument de musique, d’une palette de couleurs, d’un burin, d’un pinceau, d’une pierre ou d’un morceau de terre, d’un stylo ou d’un appareil photo, nous découvrons qu’il est impossible de tricher avec soi-même. L’art nous permet finalement de cultiver notre intériorité. Et d’exprimer à la fois nos rêves et nos révoltes. Les rêves et les révoltes, nos désirs les plus profonds et nos cris de détresse, tels sont les deux piliers de l’engagement. Pourraient-ils être aussi les deux piliers de l’acte créateur ?
Révélatrice de notre humanité, l’expression artistique permet de mieux se comprendre et de mieux comprendre les autres. L’art n’a pas de pays d’origine, pas de religion, il est universel. Il rapproche et unit les femmes et les hommes du monde entier. Nul besoin de connaître une langue étrangère pour décrypter, interpréter et savourer une œuvre d’art. Elle parle d’elle-même. Elle ne dira pas la même chose aux uns, aux unes et aux autres, mais elle parlera. Peut-être parce qu’elle touche à ce qu’il y a de plus humain en nous. Je me souviens de cet entretien passionnant que j’ai eu il y a quelques années avec un grand paléoanthropologue, Pascal Picq, auteur de nombreux ouvrages sur la question.
Dans cet entretien, il m’expliquait que le propre de l’être humain n’était ni le rire, ni l’outil, mais sa capacité d’innovation et d’imagination. Je le cite : « Ce ne sont pas les inventions qui caractérisent le génie humain, mais la manière de les articuler. C’est le principe même de l’innovation. L’être humain est devenu humain en intégrant ses inventions dans une synthèse créatrice et en développant des capacités d’innovation transformatrice. Capacité aussi à se transformer lui-même, à modifier son apparence, à agir sur son corps : la cosmétique, les tatouages, les scarifications, l’usage des parures et des colorants sont des activités proprement humaines. Avec lui, l’imagination devient une force de transformation » (…) « Ce qui nous distingue des grands singes, ce ne sont pas les outils, c’est notre imaginaire. Une formidable force de transformation, capable d’inventer l’avenir. » Incroyable mais vrai ! L’être humain est capable de faire de son corps, de sa vie, de son environnement une œuvre d’art…
Chemin vers soi, chemin vers l’autre, l’art peut nous aider à créer des liens et à vivre ensemble. Il peut aussi contribuer à nous guérir, à nous remettre debout. En ce sens, peut-on dire qu’il nous rend plus vivant ? L’humanité pourrait-elle vivre ou survivre sans expression artistique ? Qu’en disent les grandes traditions religieuses, à travers leurs rites, leurs textes et leurs pratiques ? Autant de questions auxquelles nous allons tenter de répondre au cours de ce week-end. En commençant ce matin par un dialogue des pensées et des écritures. Je vous souhaite un excellent interfestival des religions et des convictions. Que ce week-end soit pour chacune et chacun d’entre vous un moment de renouvellement, un moment d’émerveillement, un moment plein d’émotions, intense et vrai, placé sous le signe de la joie ! Je vous remercie pour votre attention.
Laurent Grzybowski
réécouter les interventions : https://www.abbaye-st-jacut.com/mediatheque
Le festival en photos :
2024-01-27a, Inter festival des Religions &Convictions https://photos.app.goo.gl/yWuZsCLCBrvysUSK8
2024-01-27a, Inter festival des Religions &Convictions https://photos.app.goo.gl/n1dozF34h4GhsJATA
2024-01-27b, Inter festival des Religions Saint-Jacut22 https://photos.app.goo.gl/ueJMnSHbZSsCqbPW8
2024-01-27.28c, Inter festival Saint-Jacut22 https://photos.app.goo.gl/M6kboJ5iScVTkGnv7
L’identité bretonne s’est-elle substituée au catholicisme ?
- Pourquoi ce livre et comment ?
– un projet collectif qui devient individuel avec des bases qui permettent de le réaliser.
– idéologie, authenticité, nationalisme soft
J’applique aux discours sur la Bretagne la définition de l’idéologie donnée par le Centre national de ressources textuelles et lexicales : « Ensemble plus ou moins cohérent des idées, des croyances et des doctrines philosophiques, religieuses, politiques ». (Centre national de ressources textuelles et lexicales)
Daniel Le Couédic, « idée bretonne » : somme des constructions intellectuelles qui prêtent à la Bretagne des caractéristiques ou un rôle incomparables »
– le sommaire
- Une thèse et les questions qu’elle pose
« Sociologue des religions, André Rousseau avance une hypothèse qui me paraît très féconde. Dieu est mort en Bretagne mais les Bretons ne peuvent s’empêcher de croire… Ils auraient donc fait un transfert. Dorénavant, c’est en la Bretagne qu’ils croient. Ils chantaient « Catholiques et Bretons toujours », ils entonnent dorénavant: « Bretons toujours ! » (Jean Lebrun, France Inter, 17 mars 2023)
2-1 – Il faut partir de la place historique du catholicisme en Bretagne : la culture catholique a imprimé sa marque sur le régionalisme breton
– Rome fut « capitale de la Bretagne », mais sa puissance s’est effacée dans tous les domaine tout en laissant un leg sécularisé : langue, culture, dynamisme économique, esprit de corps
– comme ailleurs, l’effacement a libéré l’espace pour d’autres : la raison économique et le celtisme
– plus personne ne s’étonne que les bretonistes parlent de « la France » ou de « la République » comme de réalités extérieures, ne voient de « roman national » que hors de la Bretagne et contre elle…
– du catholicisme il reste surtout une « tonalité » : toute idée devient combat et mission ; illustration du « catholicisme » zombie de Le Bras et Todd
2.2. Des questions : avant de compléter cette thèse voici des précisions sur la manière dont je parle de religion
- Quelques mots sur la vision sociologique de la religion
- Religion : qu’entend-on par là quand on suggère que le bretonisme est devenu la religion de la Bretagne ?
– Formes Elémentaires de Durkheim ou « scrupule rituel » romain décrit par John Scheid ?
- L’idéologie bretonne, une forme de déplacement de la religion. Métaphore : La religion plus ou moins marginalisée doit entreprendre un travail de traduction. Dieu tout puissant devient « Dieu puissant d’amour ».
Si le catholicisme emprunte à l’air du temps des schèmes qui le rendent compréhensible cela implique que ces schèmes peuvent très bien fonctionner comme religion de substitution.,
Les piliers de l’idéologie bretonne ont curieusement trait à la tradition, la mémoire, au lien social, à la vocation d’un collectif.
- Du bretonisme considéré comme une forme du « religieux disséminé dans le social » (Danièle Hervieu-Léger) comment cela s’est-il fait ?
- Cette thèse d’un transfert du catholicisme implique de modifier la définition durkheimienne de la religion :
« Une religion, est un système solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées, c’est-à-dire séparées, interdites, croyances et pratiques qui unissent en une même communauté morale, appelée Église, tous ceux qui y adhèrent » (Les Formes élémentaires de la vie religieuse)
DHL La Religion pour mémoire, Cerf, 1993, p.119 : « une religion est un dispositif idéologique, pratique et symbolique par lequel est constituée, entretenue, développée et contrôlée la conscience (individuelle et collective) de l’appartenance à une lignée croyante particulière ».
Et p. 127 « on appellera tradition l’ensemble des représentations, images, savoirs théoriques et pratiques, comportements et attitudes qu’un groupe ou une société accepte au nom de la continuité nécessaire entre son passé et son présent »…. « Avec la capacité d’y incorporer des innovations et réinterprétations qu’exige une conjoncture. »
Pour ce qui concerne la « croyance » : Comme l’a montré Émile Benveniste la «« foi » désigne non pas l’attitude du croyant, mais « l’assurance qu’il tire d’une propriété qu’il prête à l’objet de sa croyance »[1]. C’est ce mécanisme qui fait du bretonisme et du « celtisme » une évidence. Et une foi. On peut voir à l’œuvre semblable dispositif dans « l’identité ».
D’après Yvon Tranvouez, dans Catholiques en Bretagne au XXème siècle, p.53-70
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Celtes d’abord Ropartz Hémon : très peu de catholiques autour de lui et du mythe celtique, sauf autour de 1940. L’abbé Perrot ne supporte pas ce paganisme
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Bretons d’abord Abbé Perrot : revue Feiz ha Breiz Franchement régionaliste mais son nationalisme est hésitant à cause de l’hostilité de Duparc. Beaucoup de monde autour de lui – Bleun Brug, journal O lo lê |
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Catholiques d’abord Mgr. Duparc C’est le groupe de loin le plus nombreux ; seulement régionaliste pour la culture et la langue et la fierté bretonne (« race » exceptionnelle – au sens de « racé ». Pétainistes puis de moins en moins
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Républicains d’abord Francis Gourvil (1889-1984) Féru de celtisme quitte le parti nationaliste ; durant la guerre, proche de la résistance. La question bretonne entre parenthèse. Cette minorité deviendra majorité après la guerre ; se situant au centre droit et devenant gaulliste. |
[1] Le Vocabulaire des institutions européennes, op. cit. Voir le chapitre 8, « Fidélité personnelle », p. 103 et suiv., et surtout le chapitre 15, « Créance et croyance », p. 171-180.
L’accès des femmes à l’autorité religieuse. Changements, résistances et controverses
Conférences de Credi 29 : Credi 29 vous invite à la prochaine conférence de :
Céline Béraud
L’accès des femmes
à l’autorité religieuse.
Changements, résistances et controverses
On pointe volontiers pour la dénoncer la dimension patriarcale du judaïsme, du christianisme et de l’islam. Au sein de ces mondes religieux, l’exercice de l’autorité est longtemps demeuré et demeure, pour une grande part encore, le monopole des hommes.
Dans cette conférence, on s’attachera à saisir les facteurs favorables à l’accès des femmes à des positions qui leur étaient jusqu’alors inaccessibles (pastorat, rabbinat ou encore imamat mais aussi, plus modestement et plus fréquemment, enseignement de la religion ou aumôneries des institutions publiques). Mais on analysera aussi les résistances et controverses parfois très vives que cela suscite. On verra ainsi comment ces questions de genre travaillent aujourd’hui de l’intérieur les mondes religieux et se reflètent dans leur pluralité interne.
Avec le soutien de l’Université de Bretagne Occidentale (UBO)
Céline Béraud est sociologue, directrice d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Elle a notamment publié Le catholicisme français à l’épreuve des scandales sexuels (Seuil, La République des Idées, 2021) et La bataille du genre. Du mariage pour tous à la PMA (Fayard, Raison d’agir, 2021).
Notes prises lors de la conférence
Mardi 20 février 2024, à 20H, à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines Victor Segalen, 20 rue Duquesne à Brest.
